Ce qui est fascinant en ce moment, c'est de voir que des pompiers qui ont mis le feu à la maison sont les premiers à s'en plaindre. Vous trouvez que j'exagère? Erreur, car c'est exactement ce qui se passe actuellement: la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque centrale américaine (Fed), autrement dit les deux plus grandes puissances monétaires au monde, s'inquiètent des bulles immobilières, des bulles vertes et des bulles liées aux cryptomonnaies. Merci pour leur sollicitude, mais le seul hic, c'est que ces trois bulles sont liées aux taux d'intérêt scotchés à 0% depuis quelques années déjà.
...

Ce qui est fascinant en ce moment, c'est de voir que des pompiers qui ont mis le feu à la maison sont les premiers à s'en plaindre. Vous trouvez que j'exagère? Erreur, car c'est exactement ce qui se passe actuellement: la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque centrale américaine (Fed), autrement dit les deux plus grandes puissances monétaires au monde, s'inquiètent des bulles immobilières, des bulles vertes et des bulles liées aux cryptomonnaies. Merci pour leur sollicitude, mais le seul hic, c'est que ces trois bulles sont liées aux taux d'intérêt scotchés à 0% depuis quelques années déjà. En d'autres mots, la BCE et la Fed se plaignent d'un mal qu'elles ont provoqué! Bien entendu, ces taux figés autour de 0% sont officiellement là pour nous aider à consommer, à investir et surtout permettre à nos Etats ultra-endettés de pouvoir rembourser leur dette publique. Revers de la médaille? Faute d'alternative en termes de rendement, les investisseurs se ruent sur des investissements alternatifs, et des bulles se créent ici et là. Les cryptomonnaies en sont l'exemple parfait. Nous savons tous qu'elles ne sont basées sur rien de tangible. Il n'empêche, aujourd'hui, un seul bitcoin vaut plus de 52.000 dollars. Le constat est dingue, mais les cryptomonnaies sont devenues en quelque sorte des valeurs refuges, comme l'or auparavant! Mais passons. La bulle verte? A l'évidence, les investisseurs boursiers pensent que notre avenir sera 100% électrique. D'accord sur ce constat de bon sens, mais de là à valoriser des entreprises comme Lucid ou Rivian plus que VW ou Ford, c'est qu'il y a un souci, non? Faut-il rappeler que les premières n'ont pas encore vendu une seule voiture électrique mais valent plus en Bourse que ces mastodontes qui écoulent des millions de voitures par an. Cherchez l'erreur! Si ce n'est pas une bulle, qu'est-ce que c'est alors? Et puis, il y a encore la mère de toutes les bulles: l'immobilier. La brique se porte comme un charme. Mieux encore, la crise sanitaire et le télétravail ont accentué l'intérêt des ménages pour l'immobilier. D'autant que durant la crise, les Belges se sont retrouvés avec une épargne forcée, dont une bonne partie s'est dirigée vers la brique. L'attirance des Belges pour l'immobilier n'est pas un fait isolé, c'est un phénomène mondial. Cette bulle, alimentée par des taux d'intérêt faibles, a pour résultat des prix qui n'arrêtent pas de grimper. Les plus jeunes n'ont donc plus accès au logement sans un coup de pouce de leurs parents. Et cette bulle immobilière accentue encore les inégalités sociales. Qu'on le veuille ou non, vous verrez que la fracture immobilière va s'inviter dans le débat politique en 2022. Inéluctable: quand un ménage sur cinq doit consacrer 40% de son revenu disponible pour se loger, des tensions sociales sont en gestation. Nos politiques le savent bien mais comme d'habitude en Belgique, à chaque problème, on propose une nouvelle taxation (des propriétaires) au lieu de réfléchir à une augmentation de l'offre de logement. C'est une forme de paresse intellectuelle mortelle.