C'est avant tout l'histoire d'une famille. Papa, maman et leurs trois fils. Mais aussi l'histoire d'un lieu témoin d'événements qui vont piéger le lecteur. Il s'agit d'une petite maison entourée par la forêt, face à un lac, loin de toute l'agitation du monde et à quelques centaines de mètres d'un vieux transformateur électrique abandonné. Le roman est construit en alternan...

C'est avant tout l'histoire d'une famille. Papa, maman et leurs trois fils. Mais aussi l'histoire d'un lieu témoin d'événements qui vont piéger le lecteur. Il s'agit d'une petite maison entourée par la forêt, face à un lac, loin de toute l'agitation du monde et à quelques centaines de mètres d'un vieux transformateur électrique abandonné. Le roman est construit en alternance sur deux lignes du temps. Si l'évocation du passé suit une chronologie logique, le présent remonte le temps, d'heure en heure. Et ce n'est évidemment pas innocent. Au détour d'une phrase, l'air de rien, l'auteur glisse l'un ou l'autre petit détail, presque invisible, qui provoque un décalage avec le réel. Le passé et le présent se répondent. Il s'est déroulé quelque chose il y a longtemps... "L'accident", comme les frangins l'appellent entre eux. Maintenant que maman vient de mourir, les rancoeurs éclatent avec violence. Tout le long de l'ouvrage, son titre, Les Survivants, se rappelle au bon souvenir du lecteur. Qui a survécu? Et à quoi? Voilà un roman passionnant de bout en bout qui n'est ni un suspense, ni un récit fantastique et qui pourtant convoque ces formes pour les intégrer à l'histoire qu'il déroule. Celle de parents qui ont tendance à forcer un peu sur la bouteille, d'une mère qui multiplie les sautes d'humeur, de ces trois garçons qui sont liés par une fraternité complexe, tiraillée. La proximité de ce transformateur rend tout le roman électrique. Un ouvrage qui tourne le lecteur en bourrique. Qui livre, au compte-gouttes, les pièces d'un puzzle diabolique tout en gardant pour la toute fin la pièce manquante, celle qui explique pourquoi les colères du présent doivent tout à une blessure du passé. Un trauma que tout le monde a enfoui, comme on le fait de la poussière que l'on glisse sous le tapis.