Certes, Talleyrand a vendu tous ceux qui l'ont acheté mais jamais il n'a trahi la raison, explique ce livre qui retrace un des plus fameux duels de l'histoire. Au départ complice de Napoléon, l'évêque agnostique Charles-Maurice de Talleyrand-Pé...

Certes, Talleyrand a vendu tous ceux qui l'ont acheté mais jamais il n'a trahi la raison, explique ce livre qui retrace un des plus fameux duels de l'histoire. Au départ complice de Napoléon, l'évêque agnostique Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord comprend bien avant Austerlitz que l'aventure napoléonienne est sans issue et multiplie les embûches secrètes. Dès 1805, il constitue en France un gouvernement occulte, rêve d'une alliance intime entre la France et l'Angleterre, copine avec Metternich et pousse en secret le tsar à se dérober aux accords que lui propose Napoléon. Jusqu'à sa mort, l'empereur ignorera tout des manigances de ce " prêtre marié à une catin " qui, par bien des côtés, était un Européen avant la lettre, avançant en faveur de la paix et du désarmement, des arguments qui n'ont rien perdu de leur actualité. En tout cas les Belges lui doivent une fière chandelle : en 1830, Talleyrand se met d'accord avec Wellington pour exclure tout recours à la force, ce qui conduira quelques mois plus tard à la reconnaissance de notre indépendance et à la proclamation de notre " neutralité perpétuelle ". Emile Dard, Napoléon et Talleyrand, Editions de Fallois, 352 pages, 20 euros Par Guillaume Capron