Situé sur le boulevard du Souverain (Auderghem) derrière une façade un peu massive, Maza'j ne paie pas de mine. Le guide Michelin lui a pourtant décerné un Bib gourmand depuis quelques années. De quoi donner envie de pousser la porte... Dans cette adresse sans prétention, on honore les saveurs du Liban à travers les traditionnels mezzés, ces petites assiettes à partager particulièrement en phase avec les tendances culinaires du moment.
...

Situé sur le boulevard du Souverain (Auderghem) derrière une façade un peu massive, Maza'j ne paie pas de mine. Le guide Michelin lui a pourtant décerné un Bib gourmand depuis quelques années. De quoi donner envie de pousser la porte... Dans cette adresse sans prétention, on honore les saveurs du Liban à travers les traditionnels mezzés, ces petites assiettes à partager particulièrement en phase avec les tendances culinaires du moment. Pas besoin de s'embêter à parcourir la carte. Il suffit de commander l'un des deux menus (le petit à 37 euros est largement suffisant) et de se laisser porter par ce voyage au pays du cèdre. Lequel débute dès l'apéritif par de délicieux chips de pita au zaatar à faire couler avec une Almaza (4,50 euros), une simple pils de là-bas. Ou, mieux, avec un excellent arak (6,50 euros). Sorte d'ouzo ou de raki, cette eau-de-vie de raisin parfumée à l'anis, que l'on dilue à l'eau, accompagne traditionnellement les mezzés. Ce qui séduit chez Maza'j par rapport aux snacks libanais habituels, c'est le soin apporté à la réalisation des préparations et l'attention portée à la présentation. On trouve évidemment ici taboulé, houmous, moutabal (caviar d'aubergine), falafels (boulettes de pois chiches frites) ou habra nayé (tartare de boeuf relevé par une bonne sauce à l'ail). Tandis qu'on fait même une découverte, des quenelles de potiron et graines de sésame, une délicieuse petite préparation de saison. Accompagnées de lentilles noires et de koussamehchi (courgettes farcies légèrement revisitées), les grillades sont le point fort du lieu. Tant les keftas (qui mélangent ici épaule d'agneau et blanquette de boeuf) que le chich taouk étaient parfaits. Marinée à l'ail et au citron, la brochette de poulet est en effet fondante à souhait et a ce petit goût grillé auquel on ne peut résister. Seul gros regret, l'attente interminable entre les plats le samedi soir, quand le restaurant est complet. D'autant qu'on n'a franchement pas envie de patienter près d'une heure un dessert qui se révèle décevant. Si le namora (gâteau de semoule à la noix de coco râpée et à la fleur d'oranger) est passable, ses accompagnements sont tristounets : mousse au chocolat et fruits hors saison... Là, on n'a plus du tout l'impression d'être au Liban. Dommage ! HUBERT HEYRENDT