Cela paraît en effet miraculeux. Sans relever une taxe ni sabrer dans les dépenses d'un département, le gouvernement fédéral est parvenu, lors d'un contrôle budgétaire ultra-rapide, à combler le dérapage de 313 millions pointé par le comité de monitoring. Et en prime, il se préserve un matelas de sécurité de 559 millions d'euros, histoire de prévenir toute mauvaise nouvelle. Ces 872 millions relèvent-il...

Cela paraît en effet miraculeux. Sans relever une taxe ni sabrer dans les dépenses d'un département, le gouvernement fédéral est parvenu, lors d'un contrôle budgétaire ultra-rapide, à combler le dérapage de 313 millions pointé par le comité de monitoring. Et en prime, il se préserve un matelas de sécurité de 559 millions d'euros, histoire de prévenir toute mauvaise nouvelle. Ces 872 millions relèvent-ils d'un " tour de passe-passe ", comme le dénonce déjà l'opposition ? La réponse mérite quelques nuances. Ce montant provient des corrections et précisions apportées par les ministres aux estimations du comité de monitoring. Cela n'a rien d'exceptionnel: les gouvernements précédents effectuaient aussi ce travail de " recalcul " à l'entame de leurs travaux budgétaires. Mais ils n'atteignaient généralement pas le quart des 872 millions affichés ici. Le plus gros morceau est apporté par les intérêts notionnels, dont le coût direct pour les finances publiques resterait 325 millions en dessous des estimations initiales. L'évolution du ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) est intéressante à pointer : depuis sa prise de fonction, il a régulièrement tancé les trop optimistes prévisions de recettes de son administration (" J'en ai marre ", avait-il lâché). Et maintenant que le SPF joue la prudence en annonçant 146 millions de moins que lors de l'élaboration du budget en octobre, le ministre rectifie et table au contraire sur 400 millions de recettes supplémentaires par rapport au budget initial. Le matelas de sécurité ne sera peut-être pas inutile... Le déficit structurel de l'Etat fédéral devrait s'établir à 0,8 % du PIB cette année. Il faudrait donc dégager 3,6 milliards dans le prochain budget pour retrouver, comme promis, l'équilibre en 2018. Cela paraît jouable car cet effort est moindre que celui mené dans le budget 2017 (4,4 milliards), la croissance repart (de 1,2 % lors de la confection du budget, on passe à 1,4 et le FMI avance déjà 1,6%) et de l'emploi se crée. CHRISTOPHE DE CAEVEL