Tintin, c'est bien connu, était un reporter pigeon voyageur, filant partout sur la planète et même au-delà, usant des moyens de communication disponibles selon les époques et la nécessité : fusée, bateau, train, vélo et, bien évidemment, voiture. Mais ce que l'expo temporaire du beau musée de Louvain-la-Neuve apprend à ceux qui ne seraient pas totalement " hergéophiles ", c'est que le créateur de ...

Tintin, c'est bien connu, était un reporter pigeon voyageur, filant partout sur la planète et même au-delà, usant des moyens de communication disponibles selon les époques et la nécessité : fusée, bateau, train, vélo et, bien évidemment, voiture. Mais ce que l'expo temporaire du beau musée de Louvain-la-Neuve apprend à ceux qui ne seraient pas totalement " hergéophiles ", c'est que le créateur de Tintin avait un grand amour de l'huile de moteur, du pneumatique véloce, de la conduite frissonnante, du volant audacieux. Bien que nettement plus casanier que son héros principal, travaillant essentiellement à partir de dossiers et de photos, Hergé (1907-1983) a en effet toujours fantasmé sur le déplacement automobile, adaptant forcément au fil des décennies les véhicules invités aux aventures de Tintin. Il aimait cette incarnation de la modernité industrielle mais aussi l'esthétique des voitures qui constitue, en elle-même, un challenge de dessinateur, une manière d'entraîner l'oeil à reproduire, toujours avec le maximum de fidélité et de travail sur les couleurs, le profil, l'aérodynamisme et l'élégance de ce qui est de préférence un bolide. Assez curieusement, au fil des 24 albums de Tintin, Hergé disséminera cette passion de façon plutôt parcimonieuse, ne faisant apparaître Tintin embarqué - conducteur, passager, otage - que dans quelques aventures. Voici donc l'Opel Olympia cabriolet traversant Le Sceptre d'Ottokar ou une Imperia Mésange remorquée par une dépanneuse dans Le Crabe aux pinces d'or. Mais s'il ne fallait retenir qu'une seule quatre-roues speedée dans toute la saga tintinesque, cela pourrait être la Lancia Aurelia qui percute le capitaine Haddock dans L'Affaire Tournesol. Conduite par un Italien franchement exalté, la bagnole dessine l'une des poursuites les plus haletantes et marrantes d'Hergé. Détail non négligeable, le musée de Louvain-la-Neuve est en accès gratuit d'ici fin juin, chaque dimanche de 10h30 à 18 h. Parking à proximité...