Et si c'était enfin l'heure du grand déclic pour Thomas Pieters ? En s'adjugeant, de superbe façon, le Masters de Tchéquie, le n°1 belge a mis fin à trois années de disette sur l'European Tour et a complètement relancé sa carrière.
...

Et si c'était enfin l'heure du grand déclic pour Thomas Pieters ? En s'adjugeant, de superbe façon, le Masters de Tchéquie, le n°1 belge a mis fin à trois années de disette sur l'European Tour et a complètement relancé sa carrière. Parachuté en haut de l'affiche dès ses débuts professionnels, grâce notamment à trois victoires sur le circuit européen en 2015 et 2016, à une quatrième place au Masters d'Augusta en 2017 et à ses exploits en Ryder Cup en 2018, le champion anversois a traversé ensuite une période de doute, un peu comme s'il ne supportait pas d'être freiné dans son élan. Son body language plein de frustration lors de nombreux tournois et ses gestes de mauvaise humeur - combien de clubs brisés sur les fairways ? - témoignaient de cet état d'esprit négatif. Pieters est un garçon à la fois très ambitieux et ultra-perfectionniste. Formé à l'école américaine, il n'a d'intérêt que pour la victoire. Privé de trophées ces deux dernières années (hormis son sacre en double avec Thomas Detry au Mondial de Melbourne), évincé de la sélection européenne lors de la dernière Ryder Cup, il paraissait mal dans sa peau et mal dans son swing. C'est dire si ce titre remporté sur le parcours Albatross, près de Prague, tombe à point nommé. Certes, le Masters de Tchéquie n'est pas un tournoi très important sur le circuit européen. Doté d'un million d'euros de prize money, il est du même niveau que le Belgian Knockout de Rinkven. Aucun joueur du Top 50 mondial n'y participait. Mais qu'importe : solide d'un bout à l'autre, Pieters a affiché haut et fort son retour en forme. A la fois performant au driving et au putting, il a également usé de son expérience pour résister au retour du jeune Espagnol Adri Arnaus. Sa décision de dropper sur le trou n°15, alors que sa balle était enfouie dans les hautes herbes, était pleine de sagesse et d'intelligence. Il sauva d'ailleurs le par. En d'autres circonstances, il aurait sans doute tenté le diable, juste pour le panache. C'est le métier de champion qui rentre. " Je suis très content de mon jeu. Et cette victoire est évidemment très bonne pour mon moral ", souriait-il en soulevant le quatrième trophée de sa carrière (après ce même tournoi tchèque en 2015, le KLM Open en 2015 et le Made in Danemark en 2016). De retour dans le Top 100 mondial (qu'il venait de quitter), 42e à la Race to Dubaï et plein de bonnes sensations, Thomas Pieters peut désormais espérer franchir de nouveaux paliers. Lorsqu'il joue en confiance, on sait qu'il fait partie des meilleurs joueurs de la planète. Certes, il n'y pas plus, cette année, de tournois du Grand Chelem au programme. Mais la fin de saison proposera néanmoins quelques rendez-vous importants susceptibles de confirmer sa renaissance. Qu'on se le dise : Thomas is back !