Depuis l'annonce d'une OPA (offre publique d'achat) en vue d'une fusion fin août, Veolia, le chasseur, et Suez, la proie, se sont livré un combat sans merci qui a secoué le monde économique et judiciaire français. Dimanche soir, dans le cadre d'une médiation conduite par Gérard Mestrallet, l'ancien patron d'Engie dont la vente des actions Suez a mis l...

Depuis l'annonce d'une OPA (offre publique d'achat) en vue d'une fusion fin août, Veolia, le chasseur, et Suez, la proie, se sont livré un combat sans merci qui a secoué le monde économique et judiciaire français. Dimanche soir, dans le cadre d'une médiation conduite par Gérard Mestrallet, l'ancien patron d'Engie dont la vente des actions Suez a mis le feu aux poudres l'été dernier, deux des plus grands groupes mondiaux dans la gestion de l'eau et des déchets ont déposé les armes. Ils ont signé un protocole d'accord qui doit être formalisé au plus tard le 14 mai et qui va donner naissance à un groupe mondial incontournable de près de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Que dit cet accord? D'abord, Veolia va augmenter son offre de 18 à 20,50 euros l'action. Ce qui porte le coût de l'opération à 25,4 milliards d'euros. Pour ne pas faire de jaloux, le prix payé à Engie en octobre pour ses 29,9% de participation dans Suez va être augmenté pour atteindre le même prix à l'action. Ensuite, Veolia, pour des raisons évidentes de concurrence française, va renoncer aux activités eau françaises de Suez ainsi qu'à quelques contrats internationaux (Italie, Tchéquie, Australie, Chine, Inde). Soit 6,9 milliards de chiffre d'affaires. Ces activités sont reprises, et c'est une nouveauté, tant par Meridiam que par Ardian-GIP, soit les fonds sollicités par Suez et Veolia pendant leur bagarre. Un nouveau Suez sera de la sorte constitué avec l'apport des salariés concernés et de la Caisse des Dépôts. Enfin, contre tout ce qui précède, Suez accepte de fusionner avec Veolia, de renoncer aux cessions annoncées dont celle, gigantesque, de toutes ses activités australiennes à Cleanaway et de désactiver sa fondation néerlandaise destinée à parasiter l'OPA.