Itineris automatise la facturation pour les clients comme Gazprom, Eneco et De Watergroep et utilise les big data et les algorithmes pour convertir les données clients en informations. Les sociétés peuvent ainsi calculer le coût par utilisateur mais aussi éviter des frais en prévenant les fuites. Le fondateur et CEO Edgard Vermeersch a vu la croissance de son entreprise exploser après l'acquisition de l'américain Crimson Oak Consulting en 2012. Itineris est désormais actif à Gand mais aussi à Atlanta et Baltimore. Le logiciel de la société en pleine expansion est utilisé par les utilities ( sociétés d'approvisionnement en eau, gaz et électricité) à Boston et Georgetown notamment. En début d'année, Itineris a décroché un gros contrat avec le Department of Environmental Protection de la ville de New York, organisme qui a pour mission de veiller à l'approvisionnement en eau potable de qualité de neuf millions d'habitants, d'assurer le traitement des eaux usées, de limiter la pollution atmosphérique et sonore dans la métropole. Grâce à la plateforme modulaire d'Itineris, New York est en mesure d'améliorer les compteurs d'eau, le système de facturation et la gestion des fichiers clients, d'encadrer les collaborateurs sur le terrain et de collecter les données.

Plusieurs nouveaux contrats sont en cours de négociation aux Etats-Unis." Edgard Vermeersch, CEO d' Itineris

Quelles sont ses ambitions ?

" Notre chiffre d'affaires consolidé s'élève aujourd'hui à 48 millions d'euros, réalisé pour moitié en Europe et pour moitié aux Etats-Unis. Notre objectif : passer la barre des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, déclare Edgard Vermeersch. "Et ce sur nos quatre marchés principaux, à savoir la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume Uni et les Etats-Unis. Le potentiel est énorme outre- Atlantique. New York City est la plus grande entreprise de service public américaine. Le contrat passé avec eux est un formidable tremplin pour booster notre croissance au pays de l'Oncle Sam, même si nous venons de conclure un contrat tout aussi important en Europe. Notre chiffre d'affaires devrait évoluer comme suit : 70% aux Etats-Unis, 30% en Europe. Les entreprises énergétiques étant plutôt conservatrices, il n'a pas été facile de percer sur le marché américain. Il a fallu un à deux ans pour décrocher un contrat et autant de temps pour l'implémenter. La plupart des sociétés n'acceptent de collaborer que si vous avez fait vos preuves. Un cercle très vicieux. Les choses vont mieux depuis que notre client New York City nous fait confiance. Plusieurs nouveaux contrats sont actuellement en cours de négociation aux Etats-Unis. En Europe, nous sommes rentables. Outre-Atlantique, il a fallu investir énormément mais le seuil de rentabilité devrait bientôt être atteint." Selon le site technologique Crunchbase, Itineris a collecté 10,3 millions d'euros lors de sa dernière levée de fonds de 2017 (8,3 et 10 millions en 2013 et 2015 respectivement). "Notre croissance doit être à la fois organique et alimentée par des acquisitions, conclut Edgard Vermeersch. Le plus gros défi à relever est la pénurie de personnel. Nous cherchons à embaucher une quarantaine de personnes."