En Belgique, Laurence Bibot incarne le lien entre la génération des humoristes, issue des années 1980-1990, et les nouveaux hérauts du stand-up. D'où une proximité amicale avec Guillermo Guiz qu'elle visite d'ailleurs volontiers sur les plateaux ixellois du Kings of Comedy Club. Et dont elle joue la mère plutôt profiteuse dans Roi de la vanne, précédemment diffusé sur Canal+. Chroniqueuse à la RTBF radio ( Bagarre dans la discothèque)...

En Belgique, Laurence Bibot incarne le lien entre la génération des humoristes, issue des années 1980-1990, et les nouveaux hérauts du stand-up. D'où une proximité amicale avec Guillermo Guiz qu'elle visite d'ailleurs volontiers sur les plateaux ixellois du Kings of Comedy Club. Et dont elle joue la mère plutôt profiteuse dans Roi de la vanne, précédemment diffusé sur Canal+. Chroniqueuse à la RTBF radio ( Bagarre dans la discothèque), Laurence Bibot reste drôle dans ce qui peut parfois apparaître comme une surenchère d'humoristes inégalement performants, accommodés à toutes les sauces soi-disant pimentées. Abonnée au Théâtre de la Toison d'Or dans des productions là aussi un rien inégales, son seul en scène reste ce que la mère des désormais fameux Angèle et Romeo Elvis, fait de mieux. Bruxelloise née en 1968, elle a en effet le chic pour décliner scéniquement toutes sortes de prototypes de femmes dont la raison ne paraît pas être forcément la première vertu. Outrancière juste ce qu'il faut, cette grande brune, épouse du chanteur Marka dans la vie, a beaucoup joué d'une forme d'ambiguïté et de parodie. Cruelle mais pas trop depuis ses premières apparitions en Miss Bricola dans les sketchs des Snuls il y a trois décennies. Ce que propose actuellement le Musée de la Photographie à Charleroi est partiellement l'héritage des délires vidéos de cette époque-là. La très sérieuse institution carolo de Xavier Canonne installe, en effet, une collection de vignettes titrée Studio Madame où Laurence Bibot s'en donne à coeur joie. En s'inspirant des richissimes archives de la Sonuma, gardienne audiovisuelle de la mémoire RTB(F), Bibot fait ce truc assez fou de reprendre des personnages publics de femmes peu ou prou connues, d'Amélie Nothomb à Marguerite Duras. Elle se grime donc avec les accessoires et attitudes multiples, s'inspirant de plus d'une centaine de références, de Soeur Sourire à Sophia Loren, faisant un play-back des archives ertébéennes ramenées à sa propre personnalité. Post-moderne, tout au moins.