" Je ne voudrais pas que, dans 5, 10 ou 20 ans, on nous dise que nous avons trahi une région qui voulait vraiment entrer dans l'UE ", a déclaré récemment Federica Mogherini, la haute représentante de l'UE. Cette région, ce sont les six pays des B...

" Je ne voudrais pas que, dans 5, 10 ou 20 ans, on nous dise que nous avons trahi une région qui voulait vraiment entrer dans l'UE ", a déclaré récemment Federica Mogherini, la haute représentante de l'UE. Cette région, ce sont les six pays des Balkans occidentaux à l'égard desquels l'Europe a réactivé sa stratégie d'élargissement. Des négociations sont ouvertes avec le Monténégro et la Serbie, négociations pour lesquelles la Commission a fixé une échéance " indicative " en 2025. En revanche, pour l'Albanie, la Bosnie, le Kosovo (qui n'est même pas reconnu par tous les Etats européens) et la Macédoine, les perspectives d'adhésion demeurent très chimériques. Pourquoi ces velléités d'élargissement, alors que l'UE peine déjà à avancer à 28 (bientôt 27) et que l'ouverture à l'Est a renforcé la complexité européenne, en raison des écarts de maturité démocratique que nous voyons aujourd'hui avec la Pologne et la Hongrie ? Parce que la Russie, la Turquie, voire l'Arabie saoudite et la Chine se tournent aussi vers les Balkans occidentaux, et que certains les soupçonnent d'y entretenir sciemment un climat d'instabilité anti-européenne. Mieux vaudrait donc avoir ces pays résolument avec soi que potentiellement contre soi.