Depuis l'an dernier, Joe Kaeser, le CEO de Siemens, est engagé dans une vaste restructuration du groupe. Celle-ci vise à sortir le champion allemand de sa logique de conglomérat, lent et bureaucratique, et à créer un groupement d'activités autonomes mais pas totalement indépendantes, plus proche donc de la structure d'un holding. La fusion dans l'éolien avec Gamesa et la mise en Bourse d'Healthlineers, sa division d'ingénierie médicale, partaient du même principe. Tout comme la fusion finalement avortée des activités ferroviaires avec Alstom. La semaine dernière, le processus a connu une solide accélération. Joe Kaeser a annoncé son intention de mettre en Bourse le coeur historique des activités de Siemens : le département énergie et gaz. Le groupe entend se recentrer sur les technologies numériques liées à l'industrie, à savoir l'automatisation des usines et les infrastructures intelligentes.

Le département énergie et gaz couvre l'ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la distribution d'énergie. Mais les grandes turbines destinées aux centrales thermiques souffrent de la transition énergétique et de la décentralisation de la production d'électricité. Le département sera introduit en Bourse au plus tard en septembre 2020 en tant que nouvelle entreprise. Pour rendre la mariée plus séduisante, Siemens y ajoutera la participation majoritaire qu'il détient dans Siemens Gamesa, le leader mondial de l'éolien. Qu'on ne s'y trompe pas, cette nouvelle entité aura tout du poids lourd mondial avec 30.000 employés et un chiffre d'affaires de 30 milliards d'euros. Selon le plan, Siemens y conserverait une minorité de blocage (au moins 25 %) et choisirait lui-même le prix de l'action. Les titres seront distribués gratuitement aux actionnaires qui pourront choisir de vendre ou pas.