Ouvert en janvier dernier, Issan est le dernier venu dans le petit monde des restaurants asiatiques du cimetière d'Ixelles. C'est surtout l'une des rares adresses à Bruxelles où l'on peut s'initier à la cuisine laotienne. Après avoir ouvert trois restaurants thaïlandais à Bruxelles (dont le Davi, qu'elle a revendu mais qui existe toujours près de la Bourse), Oanh Pham a eu envie de revenir à ses origines. Vietnamienne, celle-ci est en effet née au Laos...

Ouvert en janvier dernier, Issan est le dernier venu dans le petit monde des restaurants asiatiques du cimetière d'Ixelles. C'est surtout l'une des rares adresses à Bruxelles où l'on peut s'initier à la cuisine laotienne. Après avoir ouvert trois restaurants thaïlandais à Bruxelles (dont le Davi, qu'elle a revendu mais qui existe toujours près de la Bourse), Oanh Pham a eu envie de revenir à ses origines. Vietnamienne, celle-ci est en effet née au Laos, avant d'émigrer vers la Belgique dans les années 1980. Le nom de son nouveau restaurant est le reflet de ce brassage de cultures. Appartenant autrefois au Laos, l'Issan a été intégré à la Thaïlande dans les années 1930. Dans cette région du nord du pays, on pratique une cuisine spécifique, qui emprunte aux deux traditions. Cela se reflète dans la carte de cette jolie petite adresse, divisée entre spécialités thaïes classiques et découvertes laotiennes, préparées par le cousin de la patronne (qui était déjà son chef à l'ouverture du Davi). Sans être un restaurant gastronomique, Issan se distingue très nettement de beaucoup de ses concurrents par la fraîcheur des produits utilisés, l'originalité des propositions et l'effort réalisé sur les présentations. Ici, tout est fait minute, avec beaucoup de préparations maison. Comme ces say kok, délicieuses petites saucisses laotiennes (9 euros) que l'on accompagne de menthe, d'une pâte de piment séché et de riz gluant (3 euros), un marqueur de la cuisine issanienne. Délicieuse spécialité à ne pas manquer, le nem khao (13,50 euros) est un riz croustillant au porc fermenté. Plus étonnante encore, la salade de papaye verte, en version laotienne (tam mak hung, 13,50 euros), s'agrémente de morceaux de crabe cru à décortiquer. Les moins audacieux se régaleront plus simplement d'une cuisse de poulet grillé à la citronnelle (9 euros) ou de larb ped (13,50 euros), une salade de canard à la menthe et aux épices du cru. La carte des desserts, elle, se partage entre douceurs occidentales et asiatiques. Si l'on veut rester dans le thème, on essaiera la banane cuite en feuille de bananier, enrobée de riz gluant au lait de coco et de quelques haricots de soja noir pour la note d'authenticité... De quoi clore joliment ce repas 100 % laotien dépaysant ! Hubert Heyrendt