Grande première pour le secteur financier européen qui vient de gérer l'effondrement de la sixième banque espagnole sans la moindre casse sur les marchés et sans le moindre argent public. Premier groupe bancaire espagnol, Santander a en effet racheté pour un euro symbolique l'ancienne banque de l...

Grande première pour le secteur financier européen qui vient de gérer l'effondrement de la sixième banque espagnole sans la moindre casse sur les marchés et sans le moindre argent public. Premier groupe bancaire espagnol, Santander a en effet racheté pour un euro symbolique l'ancienne banque de l'Opus Dei, Banco Popular, acculée à la faillite par de mauvais investissements dans l'immobilier. L'opération s'est faite via le nouveau système de sauvetage européen des banques, plus communément appelé bail-in (renflouement forcé d'une banque par ses actionnaires et créanciers), par opposition au bail-out (sauvetage par les Etats et donc par les contribuables). Concrètement, les dépôts des épargnants de Banco Popular sont ici préservés tout en obligeant des actionnaires tels que l'assureur Allianz ou le géant de la gestion BlackRock à payer les pots cassés. Ces derniers peuvent faire une croix sur leur investissement dans la banque ibérique. C'est la première fois que ce mécanisme européen de résolution des faillites bancaires est actionné depuis son entrée en vigueur début 2016 (suivant une directive de 2014). Preuve qu'il aura fallu du temps à la BCE avant d'oser y recourir. Preuve aussi que le secteur bancaire espagnol inspire davantage confiance que son équivalent italien, dont plusieurs banques (Monte Paschi, etc.) plient sous les dizaines de milliards de créances douteuses et pour lesquelles l'application de ces nouvelles règles européennes fait très peur. S.B.