Lancé il y a trois ans à Bierges, Tero a rapidement séduit le Brabant wallon avec ses jolies assiettes santé. Depuis peu, l'adresse a investi la capitale, installée dans un bel immeuble saint-gillois qui accueillait autrefois l'atelier de Fernand Khnopff. On est d'emblée sous le charme de la déco contemporaine ultra-soignée : petites tables en bois, superbes chaises au revêtement pied-de-poule... Une atmosphère design en parfaite harmonie avec la cuisine que l'on vie...

Lancé il y a trois ans à Bierges, Tero a rapidement séduit le Brabant wallon avec ses jolies assiettes santé. Depuis peu, l'adresse a investi la capitale, installée dans un bel immeuble saint-gillois qui accueillait autrefois l'atelier de Fernand Khnopff. On est d'emblée sous le charme de la déco contemporaine ultra-soignée : petites tables en bois, superbes chaises au revêtement pied-de-poule... Une atmosphère design en parfaite harmonie avec la cuisine que l'on vient chercher ici : sobre et légère. Ce qu'on aime chez Tero, c'est le boulot effectué sur la sélection des produits. On boit ici du vin nature, of course, et l'on déguste des poissons de pêche durable de la mer du Nord et de l'Atlantique. L'adresse travaille surtout main dans la main avec la Ferme des Rabanisse à Rochefort, qui lui fournit une bonne partie des légumes mais aussi des porcs Duroc et des vaches Salers. A la carte, le boeuf est ainsi proposé dans un excellent tartare (15 euros), taillé au couteau pour profiter pleinement du goût et de la texture de la viande, juste rehaussée de jeunes oignons, de ficoïde glaciale, d'une huile fumée... et c'est tout. Sobriété semble en effet le maître-mot chez Tero, où les assiettes peu gourmandes peineront à convaincre au-delà du cercle des adeptes du healthy. Ainsi, réunir trois types de betteraves crues et marinées et les saupoudrer de graines de sésame à peine toastées (9 euros) ne fait pas un plat, surtout que ça manque cruellement d'assaisonnement ! L'assiette de chou rave en pickles, chips de kale et crème au curcuma (8 euros) est tout aussi light mais plutôt bonne cette fois. Tout comme le bouillon dashi au tofu et kombu breton (9 euros) et les couteaux (12 euros). Bien cuits, ceux-ci sont juste posés sur un caviar froid d'aubergines fumées. Mais tout cela est quand même très léger et rien n'est renversant. Heureusement que l'on peut s'empiffrer de l'excellent pain au levain de chez Hopla Geiss ! En dessert, on reste dans le même esprit, avec un " cheesecake vegan " (12 euros), selon un bel oxymore assumé puisqu'on ne retrouve ici aucune trace de fromage... Vu la quantité d'agar-agar utilisé, on est plus près du bavarois dans cette association entre noix de cajou, sésame noir et crème tahiné. Cela fera certainement tripper les végétaliens. Pour les autres, c'est cher mais pas mauvais... Hubert Heyrendt