Gilles Ledure

La scène se passe un matin au coeur du prestigieux studio 4 de Flagey. Sur scène, quelques enfants du primaire sont en répétition. Ils chantent ! Un pianiste et un chef d'orchestre pour les accompagner. " Voilà un exemple de ce qui me touche vraiment. " L'oeil de Gilles Ledure pétille. " Ces jeunes sont dans l'action. Ils doivent faire preuve de discipline, de précision. Ils sont tous impliqués. Entreprendre, c'est la même chose ! Ce qui compte, c'est l'action. Et puis, regardez le plaisir que cela leur procure. C'est une notion, celle du plaisir, qui n'est pas encore suffisamment prise en compte sur le lieu de travail. " Le décor de la discussion est planté. De l'émotion, de l'action et de l'implication. Le directeur de Flagey rappelle aussi l'importance d'intégrer l'échec dans le parcours professionnel et privé de tout un chacun. " Notre société n'autorise pas le retour à ...

La scène se passe un matin au coeur du prestigieux studio 4 de Flagey. Sur scène, quelques enfants du primaire sont en répétition. Ils chantent ! Un pianiste et un chef d'orchestre pour les accompagner. " Voilà un exemple de ce qui me touche vraiment. " L'oeil de Gilles Ledure pétille. " Ces jeunes sont dans l'action. Ils doivent faire preuve de discipline, de précision. Ils sont tous impliqués. Entreprendre, c'est la même chose ! Ce qui compte, c'est l'action. Et puis, regardez le plaisir que cela leur procure. C'est une notion, celle du plaisir, qui n'est pas encore suffisamment prise en compte sur le lieu de travail. " Le décor de la discussion est planté. De l'émotion, de l'action et de l'implication. Le directeur de Flagey rappelle aussi l'importance d'intégrer l'échec dans le parcours professionnel et privé de tout un chacun. " Notre société n'autorise pas le retour à la case départ. Comment vivre de nos échecs ? Nous vivons dans une culture très linéaire. Voilà les sujets qu'on aborde avec Florent. Je suis frappé par les personnes qui parviennent à changer le cours des choses. Entreprendre, être un leader, c'est ça : casser la continuité pour faire autrement. Florent a ce tempérament-là ". Et de faire allusion dans la foulée à l'exercice difficile que représente le métier de chef d'orchestre. Florent pourrait-il faire un bon chef d'orchestre ? " Sans doute, oui. Parce qu'il sait ce qu'il veut. Il a créé sa propre entreprise très tôt. Son attitude est réellement celle de quelqu'un qui veut faire bouger les choses. Et puis, c'est quelqu'un qui fait preuve de beaucoup de stabilité. C'est une des clés du succès à mon sens. Trop de changements n'est pas bon pour la longévité des projets. La stabilité amène la confiance. Et c'est dans ce climat de confiance qu'il est alors possible de prendre quelques risques. " La discussion se clôture sur la question de l'ego. " Subtile équilibre à trouver. Il faut évidemment les convictions de l'ego pour avancer. Mais ne pas tomber dans la vanité. Il faut donc trouver là où mettre le curseur. Il ne faut pas être des non-faiseurs anonymes ", sourit Gilles Ledure. " De l'action, donc, et oui, une dose de personnalité pour s'imposer. " " Ce qui m'a frappé en rencontrant Gilles et au fil des premières discussions, c'est la dimension politique dans son travail. Parvenir à tenir compte de toutes les sensibilités. C'est une réalité que je ne connaissais pas. Pour le reste, je me reconnais vraiment dans les points qu'il met en avant, comme les bases de l'aventure entrepreneuriale. Le pire pour moi, c'est de ne pas faire de choix. Et de rester dans la routine. Alors, oui, l'action ! ". Le quotidien de l'entreprise créée par Florent Hainaut, Bridgewater, est précisément de faire des choix judicieux pour soulager les clients de frais superflus. Optimiser les coûts. " Le plus important est de convaincre le client que faire des choix d'économie de fonctionnement, ce n'est pas faire marche arrière mais justement, que c'est un pas vers la croissance. Il faut être habile et proposer au client de changer sa vision des choses. Et puis, il faut aussi un certain courage pour soulever des questions qu'on ne veut peut-être pas entendre. " Créée en 2009, Bridgewater propose aujourd'hui un outil mis au point en interne et est en phase de développement sur l'ensemble du marché européen. Ce programme Lead-In est aussi pour Florent Hainaut une façon de voir la confirmation d'une ouverture récente aux conseils extérieurs. " J'ai en effet le souvenir d'une scolarité plutôt exigeante, avec l'habitude de faire toujours tout tout seul. Ce n'est que depuis peu de temps que je laisse la place à l'appui des personnes extérieures. " Et puisqu'il a été question d'ego et de leadership, quelle en est sa vision ? " Je suis plutôt low profile. C'est important pour moi de reconnaître que les succès sont à chaque fois les résultats d'un travail commun. Leadership et humilité peuvent aller de pair ! " Et de conclure sur l'importance d'être impliqué aussi dans le rayonnement d'une commune. " Bridgewater et Flagey sont à un jet de pierre l'un de l'autre. Nous sommes voisins. Par contre, pour la bonne fourchette, ce sera en dehors d'Ixelles. Gilles m'a dit qu'il me ferait découvrir le Pigeon Noir à Uccle. Je l'emmènerai moi au Chumadia, à Saint-Gilles ".