Il fut une époque où quelques champions dominaient sans partage le golf mondial. C'était bien sûr le cas de Jack Nicklaus, Arnold Palmer et Gary Player dans les années 1960 ou, plus près de nous, de Tiger Woods au début des années 2000. Autres temps, autres swings: aujourd'hui, l'équilibre des forces est devenu la norme avec, au départ de chaque grand tournoi, une foule de prétendants au sacre.
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Il fut une époque où quelques champions dominaient sans partage le golf mondial. C'était bien sûr le cas de Jack Nicklaus, Arnold Palmer et Gary Player dans les années 1960 ou, plus près de nous, de Tiger Woods au début des années 2000. Autres temps, autres swings: aujourd'hui, l'équilibre des forces est devenu la norme avec, au départ de chaque grand tournoi, une foule de prétendants au sacre. Quelques chiffres et statistiques valent d'ailleurs mieux que de longs discours. Lors des 10 derniers Grands Chelems disputés, on recense ainsi la bagatelle de neuf lauréats différents. Seul l'Américain Collin Morikawa a réussi à soulever deux trophées (PGA Championship en 2020 et British Open en 2021) lors de cette période. Mieux: en étudiant la liste des 10 derniers vainqueurs du Masters d'Augusta, on comptabilise 10 noms différents! Dans ce contexte, comment s'étonner de voir défiler, depuis quelques années, les numéros un mondiaux à un rythme effréné. Depuis 2015, on dénombre neuf champions en haut de tableau d'honneur: Jordan Spieth, Rory McIlroy, Jason Day, Dustin Johnson, Justin Thomas, Justin Rose, Brooks Koepka, Jon Rahm et, depuis quelques semaines, Scottie Scheffler. Si l'on sait que Tiger Woods avait, lors de sa grande époque, totalisé à lui seul 683 semaines à la première place de ce ranking mondial, on mesure mieux l'évolution! Dans certains sports, les meilleurs s'imposent très régulièrement. C'est par exemple le cas en tennis. Faut-il rappeler que Rafael Nadal, Roger Federer et Novak Djokovic ont opéré, ces dernières années, une véritable OPA sur les titres majeurs. Ensemble, les trois hommes ont remporté 61 Grands Chelems depuis 2003. En golf, la victoire est bien plus aléatoire. Là où Nadal ou Federer peuvent parfaitement remporter une finale après avoir perdu un ou deux sets, il est quasiment impossible à Rory McIlroy ou Jon Rahm de gagner un Major après avoir signé un seul mauvais trou. Au plus haut niveau, le golf est impitoyable. Surtout aujourd'hui, alors que la nouvelle génération de champions est plus impressionnante que jamais. Au départ de chaque tournoi, même les bookmakers les plus pointus éprouvent du mal à établir les cotes tant les candidats à la victoire se bousculent. Il sera intéressant de suivre les prochaines performances de Scottie Scheffler, récent vainqueur du Masters et nouveau numéro un mondial. Le Texan a remporté les quatre derniers tournois auxquels il a participé sur le PGA Tour. C'est une première au 21e siècle. Certains en font l'héritier du Tigre. C'est peut-être prématuré...