Le 8 mai, Donald Trump avait annoncé le retrait des Etats-Unis du Joint Comprehensive Plan Of Action. Ce document de 160 pages signé en juillet 2015 avait comme objectif de geler les activités nucléaires de l'Iran contre une levée des sanctions imposées à ce pays par les Etats-Unis et l'Union européenne. Suite logique de ce retrait : le retour des sanctions américaines, entrées en vigueur ce début août, contre un Etat déjà très affaibli économiquement. Désormais, l'Iran n'est plus autorisé à vendre ou acheter des dollars. Un vrai problème, puisque sur le marché mondial, toutes les transactions pétrolières s'opèrent dans cette devise. L'Iran ne peut plus non plus acheter ni or, ni aluminium, ni acier, ni matériel informatique à vocation industrielle. Et ne plus détenir de comptes à l'étranger. En outre, l'exportation d'avions et d'automobiles, ainsi que leurs pièces détachées, est désormais interdite. Tout comme l'importation de pistaches ou de tapis persans. En novembre, cette première vague sera complétée, entre autres, par l'interdiction de vendre du pétrole brut.

Donald Trump dément vouloir, par ces sanctions, pousser à un changement de régime en Iran. Il dit souhaiter un deal plus large qui impliquerait notamment un arrêt total du soutien de ce pays à divers groupes terroristes ainsi que son retrait de Syrie. En attendant, pour éviter d'enfreindre les lois américaines, dont le principe d'extraterritorialité fait trembler les multinationales, de grandes entreprises européennes se retirent une à une d'Iran. Daimler, présent dans le pays depuis 1953, vient d'emboîter le pas à PSA et Renault qui, à elles deux, détiennent 50 % du marché iranien de l'automobile. Total, qui avait un gros projet gazier, Eni et Lukoil sont aussi partis. Et dans le secteur de l'aviation, toutes les compagnies qui assurent des vols directs à la fois vers l'Iran et les Etats-Unis devront cesser leurs activités sous peine de mesures de rétorsion américaines.