L'étau se resserre autour de Carlos Ghosn qui continue toutefois à clamer son innocence. La semaine dernière, le comité d'audit du conseil d'administration de Renault a reç u les premiers résultats de l'enquête interne menée tant en son sein qu'auprès de RNBV, la structure néerlandaise commune à Nissan et Renault.

Suite à ce premier rapport, Renault a saisi une deuxième fois le parquet de Nanterre. Après la fameuse soirée de 2016 au Château de Versailles, le groupe français signale cette fois des commissions suspectes payées pendant des années à SBA, son distributeur omanais. On parle de 10 millions d'euros en guise de remboursements de rabais consentis aux clients et prélevés sur la réserve spéciale du président. Le même mécanisme aurait été à l'oeuvre chez Nissan pour un montant proche des 35 millions de dollars. L'audit aurait montré qu'une partie importante de l'argent serait reparti au Liban dans une société dirigée par un proche de Carlos Ghosn. Il aurait ensuite servi à acheter un yacht pour la famille Ghosn et à financer une start-up créée par le fils du CEO. Enfin, l'audit sur RBNV aurait aussi mis au jour une kyrielle de contrats de consultance grassement rémunérés pour des travaux parfois bien mystérieux. Les noms de Rachida Dati (qui dément toute dissimulation) ou d'Alain Bauer, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, sont ainsi cités.

La révélation des transferts de Nissan vers SBA a conduit le procureur de Tokyo à rédiger un nouvel acte d'accusation à l'encontre de Carlos Ghosn pour abus de confiance aggravé. Avec, comme conséquence, son arrestation jeudi à l'aube et son retour en prison. Le procureur souhaitait aussi entendre Carole Ghosn à titre volontaire. Il soupçonnerait qu'une partie des fonds détournées aurait transité par une société dirigée par l'épouse de l'ancien CEO. Carole Ghosn, ne se sentant pas en sécurité, a toutefois quitté le Japon en utilisant son passeport américain qui n'avait pas été confisqué et sous la protection de l'ambassadeur de France au Japon.