La Bourse n'a pas été tendre avec le groupe de médias et télécoms Altice : elle a sanctionné le titre à l'annonce des résultats du troisième trimestre. Il a perdu 23 % de sa valeur, et au moment où nous clôturons ce texte, mardi 7 novembre, le titre se situait autour de 12 euros, contre 16 euros avant l'annonce du 3 novembre.
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La Bourse n'a pas été tendre avec le groupe de médias et télécoms Altice : elle a sanctionné le titre à l'annonce des résultats du troisième trimestre. Il a perdu 23 % de sa valeur, et au moment où nous clôturons ce texte, mardi 7 novembre, le titre se situait autour de 12 euros, contre 16 euros avant l'annonce du 3 novembre. En cause : les résultats de SFR, en France, où la croissance tarde à revenir. Les ventes ont reculé de 1,3 %, à 2,757 milliards d'euros, soit plus de la moitié du total pour le groupe (5,76 milliards d'euros). SFR souffre d'un recul des lignes fixes (internet/télévision/téléphone) de 186.000 unités, pour arriver un peu en dessous de 6 millions, mais a stoppé l'hémorragie pour les lignes mobiles. Les revenus du deuxième marché d'Altice, les Etats-Unis, progressent bien de 3,2 % mais... malchance : les comptes sont établis en euros et les variations des cours ont transformé cette croissance en un recul de 2,5 %. C'est donc un petit passage à vide pour Altice, fondé en 2001 et basé à Amsterdam. Le groupe, contrôlé par Patrick Drahi, s'est créé au départ d'une activité de câble en France (Numericable), avec ensuite le rachat de SFR et Portugal Telecom (2014), Suddenlink Communications et Cablevision aux USA (2015). Les taux bas ont dopé ces opérations qui misent sur les synergies et de fortes baisses de coûts pour dégager une forte marge brute, indispensable pour affronter un endettement important (49,581 milliards d'euros). Pour Erhan Gurses, analyste chez Bloomberg Intelligence, Altice n'a pas seulement un souci avec la France. Aux Etats-Unis, le coût du contenu le désavantage par rapport à ses gros concurrents. Altice USA reste modeste, avec 3,5 millions d'abonnés à la télé cablée. Bloomberg Intelligence le verrait bien racheter le numéro deux du marché, Charter (16,5 millions d'abonnés), pour dépasser durablement les 45 % de marge Ebitda (avant taxes, intérêts et amortissements). Robert van Apeldoorn