Et si à force d'annoncer le pire, celui-ci finissait par arriver ? La question est posée par l'un des plus éminents économistes au monde, Olivier Blanchard, un Français nobélisable qui a occupé la fonction d'économiste en chef au FMI.
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Et si à force d'annoncer le pire, celui-ci finissait par arriver ? La question est posée par l'un des plus éminents économistes au monde, Olivier Blanchard, un Français nobélisable qui a occupé la fonction d'économiste en chef au FMI. La première question qu'il s'est posée est simple : pourquoi la croissance de nos pays industrialisés est-elle plus faible qu'avant la crise ? Pour les uns, c'est l'héritage de la récession et de la dette publique et privée qui a explosé avant et après la crise. Selon eux, tant que l'on n'aura pas purgé ces dettes, la croissance restera plus faible. D'autres pensent que c'est un mélange de facteurs, notamment la démographie et la hausse des inégalités. Voire parce que le progrès technologique s'essoufflerait quelque peu. Mais pour Olivier Blanchard, le coupable de notre faible croissance, c'est le pessimisme ! L'économiste ne se contente pas d'échafauder une théorie, il la démontre minutieusement et statistiquement avec l'aide de deux confrères. Ils ont constaté que depuis 2012, chaque fois que le gouvernement américain revoyait ses prévisions à la baisse, la demande globale du pays baissait de 0,6 % par le simple fait de cette annonce. En clair, les Cassandre, les annonceurs de catastrophes, finissent par avoir raison car les consommateurs et les entreprises adaptent leur comportement en fonction de ce qui est dit et écrit. La bonne nouvelle, c'est que l'époque du pessimisme semble derrière nous, en tout cas aux Etats-Unis. Et il faut bien l'avouer, c'est grâce à Donald Trump. Son élection est avant tout une victoire psychologique : son annonce de réductions d'impôts et de relance des dépenses d'infrastructures a dopé le moral des ménages et des entreprises américaines. Cela confirmerait la thèse de deux Prix Nobel d'économie, George Akerlof et Robert Schiller, qui ont démontré que ce sont d'abord les forces psychologiques qui mènent la finance et l'économie. Et parmi ces forces psychologiques, il y a la confiance. Bien qu'elle soit difficile à chiffrer, les deux prix Nobel pensent que la confiance joue un rôle multiplicateur. Il ne nous reste plus qu'à chanter à tue-tête sous notre douche et à garder le sourire... AMID FALJAOUI