Le début d'année, c'est toujours la période des bonnes résolutions. Et donc je vous propose un deal: en 2022, essayons d'être plus optimistes et moins négatifs. Dit comme cela, certains de nos lecteurs penseront que leur chroniqueur préféré a perdu la boule. Pour preuve, il suffit de regarder ou lire les médias pour voir que les dangers sont partout: hausses des hospitalisations, crainte de nouveaux variants, retour en trombe de l'inflation, pénuries de main-d'oeuvre et de produits, sans oublier les multiples coups de chaud (incendies, inondations) de notre planète.
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Le début d'année, c'est toujours la période des bonnes résolutions. Et donc je vous propose un deal: en 2022, essayons d'être plus optimistes et moins négatifs. Dit comme cela, certains de nos lecteurs penseront que leur chroniqueur préféré a perdu la boule. Pour preuve, il suffit de regarder ou lire les médias pour voir que les dangers sont partout: hausses des hospitalisations, crainte de nouveaux variants, retour en trombe de l'inflation, pénuries de main-d'oeuvre et de produits, sans oublier les multiples coups de chaud (incendies, inondations) de notre planète. Comment donc être optimiste, cher monsieur Faljaoui? Bonne question. Ma suggestion? Se rappeler ce que disait Michel de Montaigne, je le cite: "Ma vie a été remplie d'horreurs et de catastrophes dont la plupart ne se sont jamais réalisées". Ce que veut dire par là cet immense philosophe, c'est que nous inquiéter de soucis dont fort heureusement la plupart ne se concrétisent jamais sur le plan personnel, c'est comme payer des intérêts sur un crédit bancaire que vous n'avez pas contracté! En fait, cette anxiété que nous avons tous est normale, c'est un héritage de nos gènes, n'importe quel anthropologue vous le confirmera. En effet, lorsque nous étions sans défense au milieu d'une nature souvent hostile, nous devions prêter attention à tout bruit, tout mouvement anormal. Car le bruit en question pouvait être certes simplement le vent qui caresse les feuilles mais aussi les mouvements d'un prédateur prêt à bondir. En clair, durant des millions d'années, nous avons été forgés à développer un biais psychologique négatif à l'égard de notre entourage. Autrement dit, notre cerveau ne tire pas une moyenne des choses positives et négatives, mais a tendance à favoriser le négatif et à supprimer ou amoindrir le positif. Pour nous en rendre compte, observons les griefs des gens qui, hélas, se séparent... Ce biais psychologique négatif est aujourd'hui nourri et stimulé par les réseaux sociaux. Nos chers ancêtres avaient au moins cette bénédiction de ne pas en avoir, de ces réseaux asociaux. Au 16e siècle, Thomas Gresham, l'ancien conseiller de la reine Elisabeth I, avait d'ailleurs inventé une expression disant que "la mauvaise monnaie chasse la bonne". A l'époque, lorsque deux monnaies métalliques étaient en circulation parallèle, les citoyens gardaient sous leur matelas la bonne, celle dont la valeur en argent était supérieure à sa valeur faciale, mais faisaient leurs achats avec la monnaie qui contenait du métal déprécié. Les économistes appellent cela la "loi de Gresham"... Aujourd'hui, la monnaie avec laquelle nous payons les réseaux sociaux, c'est notre attention, notre temps de cerveau disponible Or, on le sait, les infos négatives voyagent six fois plus vite que les positives. Donc les mauvaises nouvelles de 2022 sont en réalité la mauvaise monnaie du 16e siècle. Vous voyez, on n'invente rien, les "clics aguicheurs" des réseaux sociaux ne sont au final qu'une monnaie dépréciée. Et la mauvaise info chasse la bonne, sauf chez Trends-Tendances où nous essayons de regarder plus loin que l'écume des jours, non pas pour enfouir les mauvaises nouvelles, mais parce qu'à l'instar de Steve Jobs, nous savons "qu'il vaut mieux inventer demain plutôt que de ressasser le passé".