Les fonds d'épargne-pension belges ont généré un rendement de plus de 12% en moyenne l'année dernière. A première vue, cela semble plus que satisfaisant. La comparaison avec l'évolution des marchés est pourtant assez décevante. En euros, l'indice boursier mondial MSCI World affiche un rendement de plus de 31% sur 12 mois. Un investissement à 60%-40% dans un ETF sur ce...

Les fonds d'épargne-pension belges ont généré un rendement de plus de 12% en moyenne l'année dernière. A première vue, cela semble plus que satisfaisant. La comparaison avec l'évolution des marchés est pourtant assez décevante. En euros, l'indice boursier mondial MSCI World affiche un rendement de plus de 31% sur 12 mois. Un investissement à 60%-40% dans un ETF sur cet indice mondial et sur un compte d'épargne vous aurait ainsi rapporté 19% en 2021. Sans prendre davantage de risque puisque 59,9% des actifs des fonds de pension belges étaient investis en actions à la fin septembre selon la BEAMA (Belgian Asset Managers Association). Le constat n'est toutefois pas neuf. Malgré des frais d'entrée de 2 ou 3% pour la plupart des fonds d'épargne-pension, ils n'affichent qu'un rendement annualisé moyen de 6,8% sur 10 ans, à bonne distance du MSCI World (14,2%). L'explication de cette contre-performance chronique est en grande partie légale. Les gestionnaires de fonds d'épargne-pension doivent en effet investir au moins 80% des actifs en euros. Or, les Bourses européennes sont à la traîne depuis 10 ans. Par ailleurs, ils ne peuvent investir plus de 75% du portefeuille en actions, même pour un fonds dynamique avec un très long horizon de placement. Et ce portefeuille d'actions doit être essentiellement composé de grandes entreprises avec une capitalisation boursière d'au moins 3 milliards d'euros. Toutes ces règles laissent peu de marge de manoeuvre et incitent les gestionnaires à la prudence. Parmi les autres explications de la sous-performance des fonds d'épargne-pension, on peut épingler la trésorerie (4% des actifs), nécessaire pour gérer les entrées et sorties, mais ayant un impact négatif sur la performance car ces liquidités ne rapportent plus rien.