Le robot-tondeuse, une invention belge

En 2002 à Wavre, André Collens, un ingénieur visionnaire et détenteur du brevet du robot-tondeuse, et Michel Coenraets, fondateur de la société d'automatisation Automatic Systems, créent Belrobotics. Mais le business model, basé essentiellement sur la tonte des jardins des particuliers, tarde à porter ses fruits. En 2008, les investisseurs Pierre Rion, Laurent Minguet et Eric Mestdgah participent au sauvetage de la société. C'est le début d'une vraie success story. En 2014, le puissant groupe japonais Yamabiko acquiert 52% des parts mais c'est toujours à Wavre que bat le coeur de cette entreprise de pointe rebaptisée Yamabiko Europe, qui emploie plus de 50 personnes.

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Fini, la corvée de ramassage !

Le golf est l'un des secteurs d'activité les plus prometteurs de Belrobotics-Yamabiko Europe. Grâce au robot Ballpicker, la corvée du ramassage des balles sur les practices devient entièrement automatisée via des logiciels, des applis et le GPS intégré. Lorsqu'il a ramassé environ 250 balles, le Ballpicker rejoint sa base pour les vider dans une fosse de récupération et réalimenter ses batteries. Les balles sont alors acheminées vers un nettoyeur, toujours de façon automatique, puis vers le distributeur à l'attention des golfeurs. Le robot peut couvrir jusque 30.000 m2, ce qui lui permet de récupérer 12.000 balles par 24 heures sans intervention humaine.

Un investissement rentable

Le robot-ramasseur de balles de la dernière génération coûte 16.500 euros, plus 800 euros par an de frais de maintenance. Parallèlement, le robot Bigmow peut s'occuper, pour un budget similaire, de la tonte du gazon du practice. Pour les clubs, l'investissement global représente donc, grosso modo, l'équivalent d'un salarié à mi-temps. Le calcul financier est vite fait si l'on sait que le robot dégage 40 fois moins d'émissions de CO2 qu'une machine thermique, ne génère pas de pollution sonore, ne laisse aucune balle enfoncée dans le sol et que les golfeurs peuvent continuer à jouer sans mettre en danger un éventuel ramasseur de balles " humain ".

Un marché mondial

Une vingtaine de clubs belges ont déjà confié à la robotique l'entretien de leur practice. Cela permet aux jardiniers de vaquer à d'autres occupations au sein des infrastructures. Le concept séduit également à l'étranger, notamment en Angleterre, en Suisse, en Suède et aux Pays-Bas. Le marché est vaste. L'Europe compte près de 7.000 clubs de golf, mais ce sont les marchés asiatiques (près de 4.000 clubs) et américains (18.000 clubs) qui pourraient permettre à Belrobotics de franchir de nouveaux paliers. Au Japon et en Corée du Sud, les zones d'entraînement sont très nombreuses, même dans les villes. Aux Etats-Unis, les driving ranges sont légion. Des négociations pour une collaboration avec le puissant groupe américain Top-Golf, spécialisé dans les infrastructures à vocation ludique, sont en cours.

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En football aussi

Le golf représente 20% du chiffre d'affaires de Belrobotics-Yamabiko. Les jardins et parcs génèrent des revenus du même ordre. C'est le football qui se taille la plus grosse part du gâteau. Coupe uniforme, trois à cinq tontes par semaine, 50% d'économies, gain de temps..., la mécanique est parfaitement rôdée : les robots-tondeuses Bigmow font un tabac sur les terrains d'entraînement de nombreux grands clubs belges et étrangers, surtout en Allemagne. Même les pelouses sur lesquelles les Diables Rouges (à Tubize) et les Bleus (à Clairefontaine) s'entraînent sont entretenues par un Bigmow. Sur les pelouses principales, la machine n'a pas encore remplacé l'homme : les grands clubs veulent maîtriser, au millimètre près, l'entretien du gazon, un peu comme les greenkeepers souhaitent avoir le dernier mot sur leurs greens. Mais les ingénieurs de Wavre travaillent déjà à une évolution encore plus pointue de leur robot.

12.000 balles

peuvent être ramassées chaque 24 heures, de façon automatique, par un robot Belrobotics.

20 clubs de golf belges

font appel à des robots pour l'entretien et la gestion de leurs practices.

16.500 euros

Le prix du Ballpicker de dernière génération, auquel il faut ajouter des frais de maintenance annuels.