Le prix est plus que concurrentiel : pour 10 euros, le passe pour ARTour donne accès aux cinq musées payants sur les 10 lieux du parcours. Certains sont déjà largement reconnus, ainsi le Centre de la gravure et de l'image imprimée de La Louvière (qui recevait les oeuvres de David Lynch en 2013) présente pas moins d'une trentaine d'artistes d'impeccable qualité. A 900 mètres de là, au musée Ianchelevici, Laurent Quillet dialogue avec les belles sculptures du lieu, implantées dans l'histoire régionale, tout comme l'imposant décor du château Gilson : ici, les ustensiles anciens trouvent une nouvelle vie poétique sous la loupe d'artistes comme Maïa Blondeau ou Colin Ponthot.

Jean-Philippe Tromme © pg

Toujours dans le sillon post-industriel, il faut visiter cet autre lieu emblématique qu'est Bois-du-Luc. Cet ensemble situé à Houdeng-Aimeries, classé depuis 2012 au patrimoine mondial de l'Unesco, est doublement remarquable. D'abord par sa cité ouvrière, datant du milieu du 19e siècle, mais aussi par la préservation de machines et outils de grande taille rappelant le fonctionnement du site minier, l'un des plus anciens de Belgique, qui a d'ailleurs solidement contribué à la naissance de La Louvière, ex-ville champignon au coeur de la biennale. Ici, il s'agira de figer de frêles plantes dans le métal (Jean-Philippe Tromme) ou d'emmener carrément le visiteur dans une bulle de science-fiction (Stéphanie Roland). On quitte la Cité des loups pour Binche où le duo franco-chinois Benoît+Bo a imaginé de mettre, au milieu des collections du Musée du carnaval et du masque, des personnages contemporains portant des masques traditionnels chinois en papier mâché ! Et puis entre la collégiale Saint-Vincent de Soignies et le Musée de Mariemont, après un détour à Carnières, il est évident que l'histoire ainsi revisitée par l'art offre des surprises, des décalages, des innovations mais aussi de nouveaux éclairages sur le passé ouvrier - et donc patronal - belge.

Bois-du-Luc © Ph. Cornet

ARTour, jusqu'au 8 septembre. www.artour.be

Maïa Blondeau © pg