Le Musée Ianchelevici de La Louvière qui fête ses 30 ans est installé sur la place communale, à deux pas du théâtre récemment rouvert après des travaux novateurs. Idel Ianchelevici est né en 1909 dans une famille juive de ce qui était alors la Bessarabie, bout d'Empire russe qui allait connaître un 20e siècle secoué. Malgré un contexte multilingue - Idel parle yiddish, russe, roumain et a également appris le franç...

Le Musée Ianchelevici de La Louvière qui fête ses 30 ans est installé sur la place communale, à deux pas du théâtre récemment rouvert après des travaux novateurs. Idel Ianchelevici est né en 1909 dans une famille juive de ce qui était alors la Bessarabie, bout d'Empire russe qui allait connaître un 20e siècle secoué. Malgré un contexte multilingue - Idel parle yiddish, russe, roumain et a également appris le français et l'allemand -, ce fils de milieu aisé se heurte au numerus clausus qui empêche les minorités de s'inscrire à l'université. Il quitte alors ce qui est entretemps devenu la Roumanie pour étudier à l'Académie des Beaux-Arts de Liège en 1928, remportant cinq ans plus tard le premier prix de sculpture. Ce qui frappe dans le rez-de-chaussée du musée qui lui est consacré, c'est l'expression de ses constructions et la façon dont elles résument son parcours de façon viscérale, organique, sensitive. Un impressionnant talent qui - et c'est là le bémol majeur - est présenté dans un espace muséal étriqué, peu scénographié, en un mot : vieillot. On ressort du Musée Ianchelevici - qui présente aussi une expo du peintre Léopold Survage - frustré de voir ce que la Wallonie fait de son patrimoine. Une solution s'impose puisqu'on est à La Louvière : aller (re)voir le formidable Keramis voisin, moderne, clair, pensé, favorisant l'émotion. Ou se diriger pas loin de là, au Centre de la gravure et de l'image imprimée. Le bâtiment, sans fioriture, fonctionne pourtant bien avec ses créations, privilégiant la notion d'écrin, de proximité cosy. Terme un rien désuet pour contextualiser les trois nouvelles expositions qui y sont proposées à partir du 2 décembre, celle du Français nomade Damien Deroubaix, préoccupé des " forces du bien et du mal ", mais également celles mettant en scène les créations expérimentales d'Anne-Emilie Philippe et des artistes belges de 25 à 45 ans sélectionnés pour le 26e Prix de la Gravure. Une visite combinée des trois lieux vaut bien un déplacement à La Louvière.