En 2015, après ses victoi- res au Masters d'Augusta et à l'US Open, il s'était hissé durant 20 semaines sur le trône de n° 1 mondial. Agé de 21 ans, on en faisait déjà le nouveau Tiger Woods. L'enfant prodige par excellence. Un avis consolidé par sa victoire, deux ans plus tard, au British Open. Mais en golf, les vérités d'un jour ne sont pas celles du lendemain. Même pour les meilleurs joueurs de la planète. Jordan Spieth en fait aujourd'hui l'amer constat. En panne d'inspiration et en manque de confiance, le Texan n'a plus gagné un tournoi depuis son s...

En 2015, après ses victoi- res au Masters d'Augusta et à l'US Open, il s'était hissé durant 20 semaines sur le trône de n° 1 mondial. Agé de 21 ans, on en faisait déjà le nouveau Tiger Woods. L'enfant prodige par excellence. Un avis consolidé par sa victoire, deux ans plus tard, au British Open. Mais en golf, les vérités d'un jour ne sont pas celles du lendemain. Même pour les meilleurs joueurs de la planète. Jordan Spieth en fait aujourd'hui l'amer constat. En panne d'inspiration et en manque de confiance, le Texan n'a plus gagné un tournoi depuis son sacre du Royal Birkdale et ne fait plus partie du top 50 mondial. Plusieurs raisons expliquent cette chute brutale. Le wonder boy américain a bénéficié, lors de son époque de gloire, d'une sorte d'état de grâce. Ses statistiques au putting le démon-trent. Au sommet de son art, Spieth collectionnait les single putts avec une régularité d'horloger suisse. Voici trois ans que cette formidable mécanique s'est grippée. Sur les greens, il est devenu un champion comme les autres. Et comme son driving n'a jamais été sa grande force (il flirte avec la 300e place du ranking du PGA Tour dans ce secteur), c'est tout son jeu qui vacille. En vérité, le golf ne pardonne rien. Tout est lié. Et il suffit souvent d'un petit grain de sable pour enrayer les plus belles machines. Lors de ses débuts sur le circuit pro, Jordan Spieth était sur un petit nuage. Il ne se posait pas de question. Il planait : 18 top 10 en 25 tournois en 2015. La planète golf n'en croit pas ses yeux. Cet état de grâce ne pouvait forcément pas durer. Flash-back. Augusta, avril 2016. En tête du Masters depuis le premier tour, Jordan Spieth semble lancé vers un deuxième sacre consécutif lorsqu'il se présente sur le tee du trou n°12, un par 3 de 140 m. Que se passe-t-il alors dans sa tête ? Sa première balle termine dans l'eau. Il droppe, puis offre une deuxième balle aux canards ! Pour la première fois de sa carrière, il prend l'eau, au propre comme au figuré. Il redevient humain. Cet épisode l'a évidemment marqué. Depuis, rien n'est plus vraiment pareil. Au moindre revers, il doute. Et, depuis trois ans, il broie même du noir. Agé de seulement 26 ans, Spieth a évidemment tout le temps pour rebondir. Il a toujours le talent et le toucher. Quelque part, il digère simplement ses exploits précoces. Peu à peu, ces derniers mois, il retrouve d'ailleurs de meilleures sensations au putting. Il lui reste, à présent, à inverser la tendance et à renouer avec la victoire pour exorciser, une fois pour toutes, ses démons. Cette semaine, il dispute le tournoi de Pebble Beach qu'il avait remporté en 2017. Le mythique parcours californien, balisé par l'océan Pacifique, serait un merveilleux décor pour une renaissance.