Total profite de la hausse des cours de l'or noir comme aucune autre entreprise du secteur pétrolier. À juste titre d'ailleurs, dans la mesure où la stratégie du groupe repose depuis plusieurs années sur un accroissement de sa capacité de production de pétrole et de gaz, et sur l'hypothèse d'une remontée des prix des combustibles fossiles. Au premier trimestre de cette année, cette stratégie a porté ses fruits. En comparaison avec le même trimestre l'an dernier, le prix du pétrole a progressé de 59 % et le prix du gaz naturel de 18 %, ce qui a résulté chez Total en une progression du bénéfice net ajusté de 56 %, à 2,6 milliards de dollars. Pour profiter dava...

Total profite de la hausse des cours de l'or noir comme aucune autre entreprise du secteur pétrolier. À juste titre d'ailleurs, dans la mesure où la stratégie du groupe repose depuis plusieurs années sur un accroissement de sa capacité de production de pétrole et de gaz, et sur l'hypothèse d'une remontée des prix des combustibles fossiles. Au premier trimestre de cette année, cette stratégie a porté ses fruits. En comparaison avec le même trimestre l'an dernier, le prix du pétrole a progressé de 59 % et le prix du gaz naturel de 18 %, ce qui a résulté chez Total en une progression du bénéfice net ajusté de 56 %, à 2,6 milliards de dollars. Pour profiter davantage des hausses des prix, Total ambitionne une hausse de sa production de 4 % cette année. Si son bénéfice s'est accru, c'est aussi parce que le géant de l'énergie est parvenu à maintenir son bénéfice à niveau en aval, dans ses activités de pétrochimie. L'accord entre l'OPEP et des pays non-producteurs portant sur la réduction de la production de 1,8 million de barils par jour a assuré un meilleur équilibre entre l'offre et la demande, mais le marché est encore confronté à des réserves abondantes. On attend à présent de savoir si les membres du cartel imposeront la discipline nécessaire au respect de cet accord, à plus forte raison maintenant que le secteur du pétrole de schiste américain augmente à nouveau sa production en réaction à l'augmentation des prix du brut. À cela s'oppose que le secteur dans son ensemble a beaucoup moins investi ces dernières années, ce qui se traduira tôt ou tard par une capacité de production augmentant moins rapidement. La demande de pétrole continue dans l'intervalle d'augmenter. Total, pour sa part, a confirmé s'attendre à des " prix volatils ". À moyen terme également, Total jouera la carte d'une progression de sa production pétrolière. Comme le groupe continue de réaliser des économies, une hausse des cours du pétrole constitue un levier supplémentaire sur son bénéfice et ses cash-flows. Même si le prix du baril reste stable cette année, Total produira 1 milliard de dollars de cash-flows supplémentaires ; et s'il augmente de 10 dollars, le cash-flow opérationnel s'accroîtra de 2,5 milliards de dollars. Au prix actuel moyen de 50 dollars le baril, le groupe atteint le seuil de rentabilité. Total dispose d'un bilan sain et peut dès lors financer tant les investissements que le dividende. Il a cédé plusieurs actifs, allégeant sa charge d'endettement net à 22 % des fonds propres. La major restera néanmoins encore prudente en matière d'investissements. Total constitue toujours le meilleur investissement du secteur, que les cours de l'or noir évoluent à la hausse ou latéralement. La major réduit ses coûts de production et accroît celle-ci, de sorte que même si le prix du baril recule, les cash-flows restent à l'équilibre. Toute progression du cours du pétrole a un effet de levier sur le bénéfice. La valorisation a quelque peu augmenté à la suite de la hausse du cours l'hiver dernier, mais demeure intéressante, à un rapport cours/bénéfice attendu de 12 et pour un rendement de dividende de plus de 5 %. Digne d'achat. Conseil : digne d'achat Risque : moyen Rating : 1B Paru sur initiedelabourse.be le 4 mai Les investissements et le dividende sont couverts par une situation financière solide.