Respirer tue. A petit feu. Si l'on n'y prête pas attention. Même si rester chez soi peut être synonyme de sécurité, dans l'air des maisons volent pas moins de 500 agents polluants, dont 51 classés potentiellement cancérogènes. Cette pollution intérieure, souvent méconnue, est principalement issue des produits que l'on utilise pour désodoriser tels qu'encens, bougies ou encore huiles essentielles. Mais aussi des produits ménagers, déodorants, laque ou vernis. Le formaldéhyde, une substance chimique présente dans de nombreux produits ménagers d'intérieur, a été classé comme cancérogène par l'OMS. Certaines peintures ou certains meubles en bois mélaminé le sont tout autant. Ils dégagent eux aussi des polluants nocifs, même des années après leur achat.
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Respirer tue. A petit feu. Si l'on n'y prête pas attention. Même si rester chez soi peut être synonyme de sécurité, dans l'air des maisons volent pas moins de 500 agents polluants, dont 51 classés potentiellement cancérogènes. Cette pollution intérieure, souvent méconnue, est principalement issue des produits que l'on utilise pour désodoriser tels qu'encens, bougies ou encore huiles essentielles. Mais aussi des produits ménagers, déodorants, laque ou vernis. Le formaldéhyde, une substance chimique présente dans de nombreux produits ménagers d'intérieur, a été classé comme cancérogène par l'OMS. Certaines peintures ou certains meubles en bois mélaminé le sont tout autant. Ils dégagent eux aussi des polluants nocifs, même des années après leur achat. En temps normal, on estime ainsi qu'en Belgique, huit maisons sur dix présentent un "air malsain". En effet, des polluants inodores tels que les particules fines, les moisissures, les bactéries, le radon, les composés organiques volatils (COV), les oxydes d'azote (NOx), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les phtalates, peuvent déclencher des allergies respiratoires, provoquer de l'asthme, des intoxications ou causer de graves problèmes de santé. Or avec le confinement et le télétravail, nous passons encore plus de temps à la maison. Ce qui augmente la pollution de l'air intérieur par les virus et particules chimiques. Résultat: on ne se protège plus seulement avec des masques, mais en s'entourant de technologies capables d'analyser les particules en suspension dans l'air, et parfois même de l'assainir. Comment voir ce qui se cache dans l'air que vous respirez? Comment surveiller la qualité de l'air et, surtout, comment l'améliorer? S'il est essentiel d'aérer régulièrement son domicile, une nouvelle génération d'objets connectés permet d'aller encore plus loin. C'est le cas des capteurs intelligents Airthings, une société norvégienne créée en 2008 par trois scientifiques du Cern (Conseil européen pour la recherche nucléaire) dans le but d'informer sur la prévalence du radon. "Notre projet de départ était de proposer des détecteurs de radon précis et conviviaux au grand public, afin de les rendre aussi courants que les détecteurs de fumée", confie Øyvind Birkenes, CEO d'Airthings. Depuis lors, cette start-up nichée à Oslo a évolué pour devenir le leader mondial du marché de la qualité de l'air intérieur. Sa force: de petits capteurs connectés, capables d'analyser en temps réel la qualité de l'air que vous respirez, de vous alerter en cas de danger et de vous aider à prendre les mesures adaptées. Selon les modèles, certains vont capter les composés organiques volatiles et le radon, d'autres également les particules fines, la température et l'humidité. Le dernier-né, l'Airthings Air View, permet même de modéliser le risque de propagation du coronavirus, en combinant différentes données sur la qualité de l'air qu'il aura mesurée. Aux Pays-Bas, près de 60 écoles primaires se sont déjà dotées de ces capteurs. Parce qu'ils peuvent aussi alerter via smartphone ou par un halo lumineux, dès qu'il y a un danger. "Un système intelligent de contrôle de la qualité de l'air intérieur et du radon, comme celui d'Airthings, permet à tout un chacun de surveiller à distance la qualité de l'air sans effort, ce qui permet de prévenir un problème avant qu'il ne survienne. On peut se connecter au tableau de bord d'Airthings de n'importe où et à tout moment pour voir les relevés à jour. On peut même configurer des notifications et agir avant que la qualité de l'air ne cause des dommages, assurant ainsi la sécurité de tous." En surveillant simplement la qualité de l'air dans votre maison et en apprenant ce que contient l'air que vous respirez, vous pouvez apporter de petits changements à vos habitudes et prendre les bonnes mesures pour réduire les effets de ces polluants atmosphériques, améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments, optimiser et réduire la consommation d'énergie en fonction des besoins plutôt que du calendrier, et vous assurer que l'air est aussi sain que possible afin de préserver la santé de votre famille, de vos visiteurs ou de vos employés. Si les capteurs d'air restent des appareils passifs, d'autres permettent de passer directement à l'action. Pour commencer avec un budget modeste, le géant du meuble Ikea vient de lancer le purificateur d'air Förnuftig (50 euros). Conçu pour de petits espaces de vie, cet appareil assez rudimentaire est doté d'un filtre HEPA ( high-efficiency particulate air) auquel il est possible d'ajouter un filtre à charbon. Sans grande technologie, ce système élimine les particules fines venues de l'extérieur, dans un espace de 8 à 10 m2. En y ajoutant le filtre à gaz, il permet en plus d'assainir l'air souvent vicié au CO2 et d'absorber différents composés organiques comme le formaldéhyde, qui se trouve dans des produits d'entretien. Plus évolué, le Mi Air Purifier 3H de Xiaomi (150 euros) peut éliminer quasi l'entièreté des microparticules sur une surface de 45 m2. Allié précieux dans la lutte contre les allergènes, il peut être contrôlé via une application mobile ou vocalement avec Google Assistant et Amazon Alexa. Mieux adapté aux grands espaces, le Cube AX9500 de Samsung élimine jusqu'à 99,97% des particules les plus fines (0,3 micromètres) et des gaz dangereux sur des surfaces allant jusqu'à 60 m2. Pilotable à distance via l'application SmartThings, cet appareil au design très soigné embarque un écran qui délivre des informations en temps réel sur la qualité de l'air, tandis que son système intelligent analyse en permanence la présence de polluants. Outre un filtre HEPA et un filtre au charbon actif, il bénéficie d'un capteur laser pour surveiller les particules en suspension dans l'air de moins de 1 micromètre et les contaminants gazeux. A bas régime, il ne produit qu'un souffle à peine perceptible de quelques décibels. Un atout pour maintenir un air pur chez vous, même la nuit. Enfin, les puristes opteront pour le purificateur Air Origins de la société française JVD. L'appareil met en oeuvre une technologie dite de "smart minéralisation" protégée par deux brevets. Elle associe trois procédés complémentaires: la capture des particules via une filtration haute performance HEPA, puis la neutralisation et la minéralisation des molécules. Il en ressort un air minéralisé ne contenant que les molécules de CO2, H2O et O2. La société affirme que son appareil est capable de traiter à la fois la pollution physique (particules fines), les allergènes (graminées, acariens, etc.), les nuisances chimiques (NOx, odeurs, etc.) et les micro- organismes contaminants comme les bactéries issues des moisissures et même les staphylocoques dorés. Petit cocorico: si le design de l'appareil est de forme hexagonale, il a été imaginé par le concepteur belge Ramy Fischler (RF Studio). D'un coût d'environ 1.500 euros, le premier modèle peut traiter une pièce de 60 m2. Un deuxième, à 500 euros, sera commercialisé en mai pour des espaces de 20 m2. Il n'y a jamais eu de meilleur moment pour prendre le contrôle de l'air que vous respirez. Au milieu d'une pandémie mondiale, la surveillance des niveaux de CO2 ou d'humidité peut nous aider à minimiser la propagation des virus aériens tels que le Covid-19 dans les écoles, les bureaux et les bâtiments commerciaux. "Hors confinement, nous passons plus de 90 % de notre temps à l'intérieur. Or l'air intérieur est de deux jusqu'à cinq fois plus pollué que l'air extérieur", explique Øyvind Birkenes (Airthings). Avec des fenêtres fermées et plus de temps passé à la maison, notre exposition aux polluants intérieurs augmente considérablement, ce qui peut entraîner divers effets néfastes sur notre santé, ainsi que sur nos capacités de prise de décision. "Que ce soit au bureau ou à la maison, la qualité de l'air intérieur devient un enjeu majeur pour notre santé, poursuit Øyvind Birkenes. Les gens n'en ont pas toujours conscience, mais grâce à des technologies d'assainissement et de mesure de la qualité de l'air comme la nôtre, il est possible de prévenir de nombreuses maladies, d'optimiser les conditions sanitaires et, par la même occasion, les consommations d'énergie."