Dans le monde actuel, du point de vue de Poutine, tout va pour le mieux. Les Etats-Unis, cet adversaire traditionnel à l'aune duquel la Russie mesure sa force et sa faiblesse, sont en plein bouleversement. Mieux encore, leur toute dernière crise politique a été provoquée par des pourparlers avec l'Ukraine - un pays que la Russie a toujours considéré comme faisant partie de sa sphère d'influence. La Grande- Bretagne, proche alliée des Etats-Unis et source d'irritation pour la Russie, est en crise. ...

Dans le monde actuel, du point de vue de Poutine, tout va pour le mieux. Les Etats-Unis, cet adversaire traditionnel à l'aune duquel la Russie mesure sa force et sa faiblesse, sont en plein bouleversement. Mieux encore, leur toute dernière crise politique a été provoquée par des pourparlers avec l'Ukraine - un pays que la Russie a toujours considéré comme faisant partie de sa sphère d'influence. La Grande- Bretagne, proche alliée des Etats-Unis et source d'irritation pour la Russie, est en crise. La chancelière allemande Angela Merkel, qui a prôné les sanctions européennes contre la Russie, a été éclipsée par le président français Emmanuel Macron, qui veut intégrer la Russie à une nouvelle architecture de sécurité européenne. En 2020, comment Poutine va-t-il exploiter ces fragilités ? La guerre par procuration menée dans le Donbass, région d'Ukraine, pourrait bientôt aboutir à un règlement, autant dire que les objectifs de la Russie seraient atteints. Confrontés à une baisse de leurs revenus et à un relèvement de l'âge de la retraite, les Russes sont plus irrités qu'enthousiasmés par les aventures extérieures. Raison de plus pour que Poutine normalise ses relations avec l'Europe et obtienne une levée des sanctions. D'autant que le changement de gouvernement en Ukraine lui fournit une belle occasion : le président Volodymyr Zelensky veut mettre fin à la guerre et s'est dit prêt à négocier avec la Russie. Idéalement, Poutine aimerait que l'Ukraine accorde au Donbass un " statut spécial ". Des élections locales légitimeraient les candidats prorusses. Ainsi, le Donbass serait de jure sous le contrôle de Kiev et de facto sous celui de Moscou. Contrairement à l'annexion de la Crimée, le conflit du Donbass n'avait pas pour but la conquête d'un territoire, mais la création de mécanismes permettant à la Russie de faire monter ou baisser la pression. Une majorité d'Ukrainiens ne sont pas favorables à un statut spécial du Donbass. Pour obtenir un règlement acceptable aux yeux de ses concitoyens, Volodymyr Zelensky doit obtenir le plus grand soutien possible de l'Europe et des Etats-Unis. Or, avec Donald Trump à la Maison Blanche, tout ce qu'il obtient, ce sont des pressions. " J'espère sincèrement que vous et le président Poutine allez vous rencontrer et que vous arriverez à résoudre le problème ", a récemment dit Trump à Zelensky, lors d'une visite de ce dernier à New York. Tiraillée entre la Russie et les Etats-Unis, l'Ukraine va avoir bien du mal à se défendre seule en 2020.