L'incertitude était présente depuis plusieurs mois déjà. Depuis, en fait, qu'Eric et John Mestdagh avaient annoncé fin de l'année dernière qu'ils se retiraient de la direction opérationnelle du groupe de distribution, cédant leur place à un CEO externe en la personne de Guillaume Beuscart. Ce dernier allait-il devoir effectuer " le sale boulot " ?
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L'incertitude était présente depuis plusieurs mois déjà. Depuis, en fait, qu'Eric et John Mestdagh avaient annoncé fin de l'année dernière qu'ils se retiraient de la direction opérationnelle du groupe de distribution, cédant leur place à un CEO externe en la personne de Guillaume Beuscart. Ce dernier allait-il devoir effectuer " le sale boulot " ? Le groupe wallon (83 magasins Carrefour Market : 52 intégrés et 31 franchisés) annonçait en début de semaine un plan stratégique destiné à redresser ses résultats, dans le rouge depuis six ans. En 2016, l'entreprise affichait encore une perte de 3,3 millions d'euros. Elle vient de faire part de sa volonté de se séparer de 450 travailleurs sur 2.700, le plus possible, assure-t-elle, par la voie de la prépension. Ces pertes d'emplois concernent uniquement les magasins intégrés, lesquels devaient en outre adopter une nouvelle organisation du travail avec davantage de polyvalence, la suppression du quart d'heure payé ou encore l'ouverture le dimanche. A noter qu'aucun magasin ne devrait être fermé ou franchisé. Parallèlement à ces annonces, le groupe dit vouloir investir 21,2 millions d'euros dans tous ses magasins à l'horizon 2020. Objectif : redynamiser ses ventes en renforçant les rayons boucherie, frais, fruits et légumes, et boulangerie. Le distributeur veut en booster le click & collect et la livraison à domicile. " Le groupe veut se différencier en misant sur le service tout ayant les coûts de personnel d'un Lidl ou d'un Aldi, pointe Myriam Delmée, vice-présidente du SETca. A un moment donné, il faut accepter que le service a un coût. " " Le groupe Mestdagh connaît les mêmes difficultés que l'ensemble du secteur, explique Stefan Van Rompaey, rédacteur en chef de la revue RetailDetail. Les coûts sont trop élevés et les marges trop petites en raison de la concurrence exacerbée. En outre, l'entreprise doit être en position de force pour renégocier son contrat de franchise avec Carrefour, qui prend fin en 2020. "