On l'a donnée à plusieurs reprises comateuse, si pas déjà en soins palliatifs: l'ex- Médiathèque et Discothèque nationale de Belgique, devenue Point Culture en 2013, reste pourtant un important ancrage de la culture en Belgique francophone. Créée en 1953, l'institution a nourri des générations de consommateurs de musique - sa première cible - où l'emprunt du vinyle, no...

On l'a donnée à plusieurs reprises comateuse, si pas déjà en soins palliatifs: l'ex- Médiathèque et Discothèque nationale de Belgique, devenue Point Culture en 2013, reste pourtant un important ancrage de la culture en Belgique francophone. Créée en 1953, l'institution a nourri des générations de consommateurs de musique - sa première cible - où l'emprunt du vinyle, notamment à l'historique comptoir du Passage 44 à Bruxelles, constituait une ouverture sur le vaste monde sonore. Rock, pop, jazz, blues, classique, B.O. de films, folk, musiques du monde: le choix était vaste. Comme on le sait, la dématérialisation progressive des musiques puis du cinéma - autre secteur défendu par l'entreprise - a considérablement abîmé l'idée de location de l'objet matériel. Soumis à ces problèmes, la demi-douzaine de Point Culture actuels (LLN, Bruxelles, Charleroi, Liège, Namur) a rajouté à son catalogue les (inévitables) jeux vidéos, mais pas seulement. En nette perte financière dans la dernière décennie, Point Culture a été placé au régime par sa tutelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec quelques absurdités comme lorsqu'il a été décidé de suspendre les prêts en direct et l'achat de toute nouvelle parution! Se rendant compte du ridicule de la décision, Point Culture a repris ses prêts habituels début 2020 ainsi que l'achat de nouveautés CD, DVD, Blu-ray. Il y a aussi quelques contre-propositions, notamment des expositions. Celles-ci sont certes de valeur inégale mais en visitant le Point Culture de l'ULB installé au campus Solbosch, on a pu découvrir l'intéressant travail de l'écrivain, graphiste et scénographe Stéphane Arcas, qui s'y tient jusqu'au 31 décembre. L'artiste travaille avec beaucoup d'imagination des portraits, notamment d'hommes politiques en vue, comme messieurs Poutine ( photo), Trump ou Di Rupo.