La réaction de Wall Street aux chiffres du deuxième trimestre de Perrigo fut euphorique. Une hausse de plus de 10 dollars ou plus de 15 % ne s'était plus produite depuis plusieurs années. Il y a quelques mois, nous vous avions présenté cet acteur mondial sur le marché des produits génériques et sans prescription. Pendant plusieurs années, son action fut l'une des valeurs les plus performantes de Wall Street. Elle est passée de moins de 20 dollars au printemps 2009 à un peu plus de 200 dollars au printemps 2015. De moins de 3 milliards de dollars, la capitalisation boursière s'est hissée à environ 30 milliards. En 2014, Perrigo a mis sur la table 3,6 milliards d'euros, 1,1 milliard...

La réaction de Wall Street aux chiffres du deuxième trimestre de Perrigo fut euphorique. Une hausse de plus de 10 dollars ou plus de 15 % ne s'était plus produite depuis plusieurs années. Il y a quelques mois, nous vous avions présenté cet acteur mondial sur le marché des produits génériques et sans prescription. Pendant plusieurs années, son action fut l'une des valeurs les plus performantes de Wall Street. Elle est passée de moins de 20 dollars au printemps 2009 à un peu plus de 200 dollars au printemps 2015. De moins de 3 milliards de dollars, la capitalisation boursière s'est hissée à environ 30 milliards. En 2014, Perrigo a mis sur la table 3,6 milliards d'euros, 1,1 milliard d'euros de dettes comprises, pour racheter Omega Pharma à Marc Coucke. Perrigo sentait à ce moment le souffle chaud de repreneurs potentiels dans son cou. Le géant pharmaceutique Mylan avait en effet échoué à trois reprises à le racheter. Mais après l'acquisition coûteuse, son rejet d'une offre de reprise royale a transformé le rêve en cauchemar pour la direction de Perrigo. Environ la moitié du montant du rachat a cependant déjà été amortie. Perrigo a introduit une plainte à l'encontre des anciens propriétaires (Coucke et le fonds Waterland), qu'il accuse d'avoir embelli le chiffre d'affaires (CA) d'Omega Pharma en y comptabilisant comme vendus des produits invendus. Récemment, Coucke a introduit une plainte en réponse, car il a été payé pour moitié en actions Perrigo, qui ont baissé de 65 % depuis leur sommet. Mais Perrigo s'est remis de sa déception liée à Omega Pharma. Le CA du deuxième trimestre, à 1,24 milliard de dollars, était encore en ligne avec les prévisions d'un CA annuel de 4,8 milliards de dollars (5,2 milliards en 2016). En tenant compte de la vente des droits de royalties sur le produit Tysabri (possiblement jusqu'à 2,85 milliards d'euros), la direction avait en effet affirmé miser sur un CA situé entre 4,6 et 4,8 milliards de dollars. Grâce notamment aux programmes d'amélioration du bénéfice, le bénéfice récurrent s'est établi au deuxième trimestre à 175 millions de dollars ou 1,22 dollar par action. C'est mieux que les prévisions les plus ambitieuses de certains analystes, et pas moins de 30 centimes de dollar de plus que les attentes moyennes. Lors de la présentation des chiffres annuels 2016, le groupe tablait encore sur un résultat situé entre 4,15 et 4,50 dollars par action pour cette année (consensus à 4,28 dollars). Mais après un deuxième trimestre meilleur que prévu, Perrigo a relevé les prévisions de bénéfice par action à un chiffre compris entre 4,45 et 4,70 dollars. Les projections moyennes des analystes ont dans l'intervalle également augmenté, à 4,49 dollars par action. Le marché pronostique en moyenne 4,9 milliards de dollars de CA et 5,06 dollars de bénéfice par action pour l'an prochain. Nous maintenons le conseil positif sur l'action à présent que les chiffres trimestriels ont confirmé que Perrigo a bien digéré le dossier Omega Pharma. L'action est intéressante, à 15 fois le bénéfice attendu pour l'an prochain et 13 fois le rapport escompté entre la valeur d'entreprise (EV) et le cash-flow opérationnel (EBITDA) 2018, par rapport à respectivement 27 et 17,5 fois en moyenne sur les cinq dernières années. Conseil : digne d'achat Risque : élevé Rating : 1C Paru sur initiedelabourse.be le 23 août Le cours de Perrigo a rebondi de plus de 15 % en réaction au rapport trimestriel.