La pratique n'est pas condamnable en soi. Un chercheur peut parfaitement utiliser Photoshop pour mieux mettre en valeur le détail d'une expérience. Mais où situer la limite ? Alertée par un lanceur d'alerte, la Commission pour l'intégrité scientifique de la KU Leuven examine actuellement une vingtaine de papers rédigé...

La pratique n'est pas condamnable en soi. Un chercheur peut parfaitement utiliser Photoshop pour mieux mettre en valeur le détail d'une expérience. Mais où situer la limite ? Alertée par un lanceur d'alerte, la Commission pour l'intégrité scientifique de la KU Leuven examine actuellement une vingtaine de papers rédigés entre 1999 et 2013 qu'elle soupçonne de contenir des photos d'expériences en laboratoire qui ne correspondent pas à la réalité. Deux d'entre eux ont déjà été retirés et une dizaine au total contiendrait des photos d'expériences manipulées. Les contributions suspectes portent sur la recherche biomédicale et toutes ont au moins un coauteur actuellement en fonction à l'université. L'affaire a débuté au printemps dernier lorsque Clare Francis, un lanceur d'alerte " professionnel " alerta le recteur de l'époque, Rik Torfs. Qui se cache derrière ce pseudonyme ? Personne ne le sait mais l'homme - ou la femme - est en train de devenir une légende. " Les scientifiques qui manipulent les images trompent leurs collègues qui souhaitent se servir de leur contribution comme point de départ pour des recherches ultérieures ", explique, impitoyable, Clare Francis qui traque depuis 2010 et à l'échelle du monde tous les plagiats ainsi que toutes les fraudes dans le secteur qui est le sien : le biomédical. Luc Sels, l'actuel recteur, attend les résultats définitifs avec sérénité et les rendra publics. Question d'éthique. Fin de l'année dernière, explique-t-il, " nous avons clairement défini ce qui est acceptable en matière de manipulation d'image et ce qui ne l'est pas ".