Les attaques sur les infrastructures pétrolières saoudiennes, dont Abqaïq, la plus grande installation de traitement de brut au monde, ont libéré une onde de choc.
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Les attaques sur les infrastructures pétrolières saoudiennes, dont Abqaïq, la plus grande installation de traitement de brut au monde, ont libéré une onde de choc. L'entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco a estimé l'impact immédiat à 5,7 millions de barils quotidiens, soit quelque 50 % de sa capacité de production et 5 % de la capacité mondiale. Les prix du Brent et du West Texas Intermediate (WTI) se sont immédiatement envolés, gagnant jusqu'à 20 %. L'Arabie saoudite s'est d'abord montrée optimiste sur la durée de la reconstruction, avant d'annoncer un délai de plusieurs mois - un chiffre ramené à deux ou trois semaines le lendemain. Les cours pétroliers ont nettement corrigé. Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud se sont dits prêts à puiser dans leurs réserves stratégiques. Une fois l'onde de choc passée, les fondamentaux d'offre et de demande reviendront au premier plan et la hausse des cours pétroliers pourrait se tasser - sauf en cas d'escalade du conflit entre les Etats-Unis, alliés à l'Arabie saoudite, et l'Iran. Il est important de replacer la situation en perspective : les fondamentaux du pétrole brut sont peu favorables. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) anticipe une forte hausse des stocks mondiaux au second semestre de 2019 et en 2020. Le gonflement des stocks a pris fin en 2019 grâce aux quotas de production décidés par les membres de l'Opep et la Russie. Pour l'AIE, c'est cependant insuffisant, car la production augmente hors du cartel : aux Etats-Unis, surtout, mais aussi au Brésil et en Norvège, où plusieurs nouveaux vastes champs pétroliers ont été découverts. En outre, l'économie chinoise chancelle, bridant la demande de pétrole brut. En août, la croissance de la production industrielle chinoise est revenue au niveau de 2002 et les investissements privés ont diminué. Les réserves actuellement disponibles demeurent largement suffisantes, même avec l'arrêt actuel des installations. Abondantes, les réserves saoudiennes couvrent les besoins d'exportation de 26 jours. L'Opep, tout comme la Russie, dispose également de capacités de réserve. Si le WTI et le Brent évoluent respectivement vers 65 et 70 dollars, une position courte peut être envisagée par des produits à levier. Les attaques montrent toutefois qu'une telle position n'est jamais dénuée de risque, même lorsque les prix sont baissiers.