Patron, il aimait avoir face à lui un public, y compris de journalistes. Marcheur, il cherchait la solitude, jusqu'en Alaska ou au Ladakh. Tel était Philippe Bodson, 75 ans, qui s'est éteint samedi dernier, victime du coronavirus.
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Patron, il aimait avoir face à lui un public, y compris de journalistes. Marcheur, il cherchait la solitude, jusqu'en Alaska ou au Ladakh. Tel était Philippe Bodson, 75 ans, qui s'est éteint samedi dernier, victime du coronavirus. L'homme a longtemps dominé la scène de l'entreprise en Belgique : à la tête de Glaverbel dès 1980, de Tractebel en 1989. Il avait relancé le groupe verrier, appelé aujourd'hui AGC Glass Europe, avant de se tourner vers le monde de l'électricité, prenant la tête de Tractebel. En fusionnant plusieurs filiales, il bâtit le numéro 1 du marché belge, Electrabel. Ce faisant, il développa Tractebel à l'étranger, avant de perdre son poste en 1999, suite à un bras de fer public avec son actionnaire, le groupe français Suez, portant sur l'autonomie de Tractebel. Philippe Bodson a fait ensuite évoluer sa carrière dans des postes d'administrateurs, notamment à La Floridienne, après avoir tenté la vie politique comme sénateur libéral. A côté de ces activités qui lui ont valu le prix du Manager de l'Année en 1987 et la présidence de la FEB, il aimait partir seul, ou en petit groupe, pour marcher. Dans les Hautes Fagnes ou loin. En 2018, il expliquait à notre confrère du Vif L'Express : " Je pense même avoir marché là où personne n'est jamais allé. Je suis gêné de le dire, mais j'adore marcher dans des endroits où il n'y a personne. Personne ! La découverte du monde a été plus importante que mes affaires. "