Amélie Nothomb dit d'elle qu'elle a été séduite par sa " totale noirceur " et ne rate aucune sortie de ses romans. L'écrivaine belge aux grands chapeaux a même fait un portrait d'elle dans son livre Pétronille paru en 2014 pour raconter son parcours et leur amitié. " Elle ", c'est Stéphanie Hochet, auteure de de...

Amélie Nothomb dit d'elle qu'elle a été séduite par sa " totale noirceur " et ne rate aucune sortie de ses romans. L'écrivaine belge aux grands chapeaux a même fait un portrait d'elle dans son livre Pétronille paru en 2014 pour raconter son parcours et leur amitié. " Elle ", c'est Stéphanie Hochet, auteure de deux essais et romancière. Pacifique est son dernier roman, sorti en mars dernier, dans ce contexte d'une inédite complexité qu'a été la fermeture des librairies. Stéphanie Hochet s'en émouvait d'ailleurs dans Télérama il y a quelques semaines : " Je ne me bats pas pour une question de droits d'auteur, d'à-valoir, d'argent : juste pour être lue. Car c'est pour cela que nous écrivons ". Et elle a raison de se battre pour son Pacifique, l'histoire d'un jeune soldat japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, Isao Kaneda, destiné à devenir un kamikaze, un " Kikusui ", un chrysanthème flottant. Ces mots de japonais que Stéphanie Hochet distille ici et là sont des touches de poésie dans un texte étonnamment sobre et épuré. Ils nous plongent au coeur d'un Japon dur et discipliné, à l'image de la grand-mère d'Isao. Un pays en train de s'ouvrir et de se fermer en même temps, sur le reste du monde. Isao éduqué dans une extrême obéissance, formé pour mourir, mais pas pour autant transformé en machine à tuer. Isao qui pense, Isao qui raconte son enfance, Shakespeare, son pays qui perd la guerre et la mort qui approche inexorablement. On comprend qu'Amélie Nothomb soit fan.