Tout est parti d'une décision du Conseil d'Etat français. Au bout de sept années de procédure, celui-ci a donné raison à Orange SA dans le litige qui l'opposait au fisc lors du rachat de son holding de participation Cogecom en 2005. Le Conseil d'Etat a ordonné le remboursement des 2,2 milliards d'euros versés en 2013. Mercredi der...

Tout est parti d'une décision du Conseil d'Etat français. Au bout de sept années de procédure, celui-ci a donné raison à Orange SA dans le litige qui l'opposait au fisc lors du rachat de son holding de participation Cogecom en 2005. Le Conseil d'Etat a ordonné le remboursement des 2,2 milliards d'euros versés en 2013. Mercredi dernier, le conseil d'administration du groupe a décidé d'allouer 28% de cette somme à une opération publique d'achat (OPA) sur les 47,1% qu'il ne détient pas encore dans sa filiale belge, Orange Belgium. Il propose 22 euros par action, soit une prime de 36% par rapport au cours le jour de l'annonce. Un cours qui a d'ailleurs flambé ensuite. L'opération, qui coûterait 620 millions d'euros à Orange SA, pourrait donc déboucher sur une radiation d'Orange Belgium sur Euronext Bruxelles via une offre de reprise (il faut que le groupe détienne 95% au terme de l'OPA). Cette offre, de nombreux experts la jugent correcte et estiment qu'elle a de bonnes chances d'aboutir. Pourquoi une telle opération aujourd'hui? D'une part, Orange SA a pris l'habitude de reprendre la main sur ses filiales étrangères et de les gérer seule ou quasi. Seules la Pologne (51%) et la Belgique (52,9%) sont l'exception qui confirme la règle. D'autre part, stratégiquement, l'OPA fait sens dans le cadre du rachat de Voo. Elle permettra à Orange d'avoir les coudées franches et de ne pas devoir transiger avec des actionnaires qui pourraient hésiter à débourser un prix de vente tournant autour des 2 milliards d'euros. Enfin, l'OPA signale que le groupe Orange s'intéresse de près au marché belge, où le rachat de Voo le ferait changer de dimension...