La faiblesse des prix, l'importance des coûts d'exploitation miniers et la hausse du prix de l'énergie se sont conjugués pour éroder les marges dans le secteur du zinc. La publication, le 30 octobre dernier, des résultats du leader du zinc Nyrstar avait déjà refroidi les analystes. L'excédent d'exploitation (Ebitda) du troisième trimestre ne s'élevait qu'à 13 millions d'euros, alors que les analystes de Degroof Petercam attendaient 29 millions et...

La faiblesse des prix, l'importance des coûts d'exploitation miniers et la hausse du prix de l'énergie se sont conjugués pour éroder les marges dans le secteur du zinc. La publication, le 30 octobre dernier, des résultats du leader du zinc Nyrstar avait déjà refroidi les analystes. L'excédent d'exploitation (Ebitda) du troisième trimestre ne s'élevait qu'à 13 millions d'euros, alors que les analystes de Degroof Petercam attendaient 29 millions et ceux de KBC, 47 millions. Mais c'est ABN Amro qui a descendu la société cette semaine, en fixant pour l'action un nouvel objectif de cours de... 1 centime ! Les analystes de la banque néerlandaise conseillent : " abandon ship " (abandonnez le navire). Les actionnaires devraient en effet être laminés par une restructuration de dette qui apparaît aujourd'hui indispensable, disent-ils. Nyrstar a engagé Morgan Stanley pour étudier les diverses options de financement mais n'a donné aucun détail sur ce que le groupe comptait faire. La dette du groupe se montait, au 30 septembre, à 1,137 milliard d'euros, dont 350 millions arrivent à échéance l'an prochain. Le management de Nyrstar souligne le bilan " robuste " du groupe, en précisant qu'il a 631 millions d'euros de liquidités. Cependant, on s'interroge beaucoup sur la capacité de Nyrstar à générer un excédent brut d'exploitation suffisant pour le quatrième trimestre de cette année pour assumer ces charges à venir. ABN Amro estime dès lors que le sauvetage de Nyrstar devrait passer par la transformation de ses obligations en actions et par une augmentation de capital souscrite par Trafigura, le principal actionnaire du groupe. Dans ces conditions, les autres actionnaires seraient lessivés. Mais si Nyrstar peut se passer d'une restructuration de dette, l'action pourrait rebondir. Avant d'abandonner le suivi du titre parce que la banque est devenue conseil de la société, Morgan Stanley résumait ainsi ce dilemme : " Dans le pire des cas, l'action peut tomber à zéro. Dans le meilleur scénario, elle peut valoir 9,42 euros ".