Au moment de boucler ces lignes, il reste encore des tickets pour le concert de Lou Doillon (29 avril). La fille Birkin est en effet l'une des propositions les plus significatives du festival bruxellois, au sens où sa chanson-rock est susceptible de séduire le grand public tout en évitant les affres de la variété banalisée, comme le prouve avec grâce son funky troisième album solo.
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Au moment de boucler ces lignes, il reste encore des tickets pour le concert de Lou Doillon (29 avril). La fille Birkin est en effet l'une des propositions les plus significatives du festival bruxellois, au sens où sa chanson-rock est susceptible de séduire le grand public tout en évitant les affres de la variété banalisée, comme le prouve avec grâce son funky troisième album solo. Au rayon des autres noms reconnus, la soirée Bertrand Belin est hélas complète, contrairement à celles des Américains de Lambchop (28 avril), de Voyou, gros buzz sur le tempo de l'indie pop français (5 mai), de Jeanne Added, récente Victoire de la Musique (2 mai) et du rêveur français Flavien Berger (30 avril). Sans oublier Altin Gün, curiosité du rock anatolien des années 1970, " avec un groove à réveiller les morts " ainsi que les compatriotes turcs voisins (4 mai). Ce groupe revival partage l'affiche avec Yokai, intrigant collectif bruxellois aux frontières poreuses du jazz, du prog, du krautrock et des envolées sidérales. Autres Bruxellois dans le groove rétro- futuriste : Atome, quintet aux sonorités synthétiques évoquant les années 1970-1980, plus tranchant en scène qu'en disque. Ils viennent aux Nuits dans une formule inédite, en matinée et à destination du jeune public, avec une limitation sonore à 90 dBA (5 mai). Autre rêverie, celle d'Esinam, la Belgo-Ghanéenne qui captive, seule en scène, via un mix ancré sur la fusion du jazz et des échappées électroniques, des machines à bidouiller et une classique flûte traversière (23 avril). Elle contraste avec la proposition, le même soir au même endroit, de Manu Delago, un Autrichien jouant du hang, une sorte de sculpture sonore fabriquée par un petit studio suisse. Tout cela dans une énergie scénique également partagée par une poignée d'autres artistes belges : les Flamands de Black Flower dont la musique voyage entre Ethiopie, Balkans et Jamaïque (28 avril), les très hybrides et originaux Carolos de Run Sofa (29 avril), la double pop de Great Mountain Fire et The Feather (27 avril), sans oublier Mustii dans une nouvelle création (29 avril).