Matthias Müller avait été appelé au chevet du groupe Volkswagen en septembre 2015 au plus fort de la tempête liée au dieselgate. Deux ans et demi plus tard, il cède sa place à Herbert Diess, arrivé quasiment au même moment en tant que patron de la marque Volkswagen.

Ancien patron de Porsche, Matthias Müller n'a pas à rougir de son bilan vu le contexte. Le groupe Volkswagen est en bonne santé et sort d'une année remarquable en 2017 avec un doublement du bénéfice à près de 11 milliards d'euros. Il a bien géré le scandale, a rendu l'entreprise plus flexible et l'a lancée vers l'électrique. Mais dans le groupe Volkswagen, il importe d'avoir les bons appuis. Agé de 64 ans, Müller semble avoir perdu celui des actionnaires principaux, les familles Porsche-Piëch.

Ancien de chez BMW où il n'a pu accéder au poste suprême, Herbert Diess a rempli sa mission au sein de la marque VW : un plan d'économies de 4 milliards, une marge opérationnelle revivifiée à 4 %, un profit opérationnel de plus de 3 milliards, une belle hausse des ventes des SUV, etc. Comme Martin Winterkorn avant lui, Diess dirigera à la fois le groupe aux 600.000 salariés et la marque Volkswagen.

Cette nomination s'accompagne d'un vaste jeu de chaises musicales au sein du groupe avec le départ de la DRH et du responsable achat et l'arrivée du patron de Porsche, Oliver Blume, en tant que responsable de la production et de celui d'Audi, Rupert Stadler en tant que chef des ventes. Dans le même temps, le groupe se lance dans une nouvelle stratégie. La division camions va être logée dans une société séparée qui va entrer en Bourse. Du côté des voitures, le groupe va créer trois divisions qui doivent permettre les synergies tout en donnant assez d'autonomie : volume (Skoda, Seat et VW), premium (Audi) et super premium (Porsche, Bentley, Bugatti et Lamborghini).