J e m'étais toujours dit qu'il était hors de question de travailler dans la boîte familiale. " C'est raté ! Frédéric Taminiaux n'a pas encore 30 ans lorsque son père, Philippe, lui cède le flambeau à la tête du groupe wallon Menatam. Nous sommes en 2013 et le jeune homme est déjà dans l'entreprise familiale depuis quatre ans. Après des études d'ingénieur de gestion bouclées en 2007 à la Solvay Brussels School, il travaille pendant deux ans comme consultant chez Deloitte Consulting. Alerté par la situation compliquée que traverse la chaîne d'électro de sa famille, EuroCenter, Frédéric Taminiaux décide de prendre une pause carrière afin d'assurer une mission de six mois dans l'entreprise familiale. Il restera à bord. " J'ai commencé par travailler comme employé à la finance, puis en tant que coordinateur général ", explique-t-il.
...

J e m'étais toujours dit qu'il était hors de question de travailler dans la boîte familiale. " C'est raté ! Frédéric Taminiaux n'a pas encore 30 ans lorsque son père, Philippe, lui cède le flambeau à la tête du groupe wallon Menatam. Nous sommes en 2013 et le jeune homme est déjà dans l'entreprise familiale depuis quatre ans. Après des études d'ingénieur de gestion bouclées en 2007 à la Solvay Brussels School, il travaille pendant deux ans comme consultant chez Deloitte Consulting. Alerté par la situation compliquée que traverse la chaîne d'électro de sa famille, EuroCenter, Frédéric Taminiaux décide de prendre une pause carrière afin d'assurer une mission de six mois dans l'entreprise familiale. Il restera à bord. " J'ai commencé par travailler comme employé à la finance, puis en tant que coordinateur général ", explique-t-il. Quand il prend les rênes du groupe, le jeune homme doit gérer la lente mort d'EuroCenter. L'enseigne sera transformée en Kitchen Market à partir de 2015, dans une ultime tentative de relance. Mais ce dernier concept ne tiendra pas longtemps. Il sera abandonné fin 2016. L'entreprise détenue à 54 % par la famille (le reste est aux mains de l'allemand Nobilia, numéro 1 européen de la production de meubles de cuisines) peut alors se concentrer pleinement sur sa chaîne Èggo. Créée en 2007, cette dernière a toujours affiché une bonne santé. En croissance continue, elle devrait enregistrer cette année un chiffre d'affaires de 135 millions d'euros et un résultat opérationnel de 10 millions d'euros. L'enseigne a bien évolué depuis sa création. " Quand j'arrive dans l'entreprise en 2009, Èggo vient de connaître une importante phase de croissance. On ouvre les premiers magasins mais il n'y a rien derrière, souligne Frédéric Taminiaux. Pour livrer, c'est de l'héroïsme individuel plein pot. Pendant trois ans, nous avons tout revu de A à Z : les processus, l'informatique, les fonctions, etc. " En 2014, l'entreprise ouvrira un énorme centre logistique entièrement automatisé. " Nous sommes le seul cuisiniste en Belgique à avoir une logistique entièrement gérée en interne ", insiste le CEO. Sous la direction de Frédéric Taminiaux, Èggo a entamé son développement à l'international. Le premier magasin en dehors de nos frontières ouvre ses portes fin 2014 en Espagne. " Nous venons d'ouvrir le septième point de vente dans le pays, à Valence, explique notre interlocuteur. Au Luxembourg, nous avons deux magasins. Un troisième suivra peut-être. " Mais c'est aux Pays-Bas que l'entreprise souhaite à présent mettre le turbo. Èggo a ouvert un premier magasin pilote à Breda cette année, et il entend en ouvrir 40 dans les cinq ans outre-Moerdijk. Enfin, autre gros chantier du groupe : le digital. " Nous avons entamé une révolution digitale profonde en 2017, souligne le patron. Nous sommes en train de finir tous les pilotes que nous avions lancés en Belgique et nous allons développer tout cela à l'international dès l'année prochaine. " Pour le groupe, il s'agit notamment de proposer un configurateur en ligne permettant au client de démarrer le dessin de sa cuisine depuis son fauteuil.