Déjà fortement concurrencés par des category killers comme Decathlon, Media Markt, Ikea, etc., les rayons non alimentaires des hypermarchés souffrent aussi énormément de l'e-commerce. D'où cette question : les hypermarchés ont-ils perdu la bataille du non-alimentaire face à l'e-commerce ? " Regardez nos prix et le nombre de clients qui viennent dans nos hypermarchés, lance Baptiste van Outryve, porte-parole de Carrefour Belgique. Ce n'est pas ce qui s'appelle perdre la bataille. "
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Déjà fortement concurrencés par des category killers comme Decathlon, Media Markt, Ikea, etc., les rayons non alimentaires des hypermarchés souffrent aussi énormément de l'e-commerce. D'où cette question : les hypermarchés ont-ils perdu la bataille du non-alimentaire face à l'e-commerce ? " Regardez nos prix et le nombre de clients qui viennent dans nos hypermarchés, lance Baptiste van Outryve, porte-parole de Carrefour Belgique. Ce n'est pas ce qui s'appelle perdre la bataille. " De fait, si Carrefour a décidé d'abandonner certains marchés en non-alimentaire suite à la vaste restructuration de 2010, le distributeur français est toujours actif dans pas mal de catégories. Il suffit pour le constater de se balader dans les rayons de son dernier bébé au centre commercial Les Grands Prés, à Mons. Le non-alimentaire compte pas moins de 12 " univers " : les jouets, le saisonnier (rentrée des classes, Halloween, etc.), le bureau (papeterie, imprimantes, etc.), la culture (livres, CD, DVD, bandes dessinées, etc.), le multimédia, la maison, la droguerie, l'animalerie, le sport et les voyages, la mode, la beauté et enfin les articles pour bébés. Carrefour a insufflé à ces différents " univers " un esprit boutique, imitant les différents spécialistes. Ce qui est plus surprenant, c'est qu'à l'heure où tout le monde ne jure plus que par l'omnicanal, la chaîne française ne propose aucun des articles issus de ces différentes catégories en ligne. " L'e-commerce est principalement en alimentaire, confirme Baptiste van Outryve. Mais, nous avons des écrans en magasin qui permettent de visualiser l'entièreté du stock, par exemple pour le gros électro, de commander et de se faire livrer à domicile. C'est également le cas pour les lots de bois, les feux ouverts, les meubles de jardin, etc. " " Carrefour a raté le coup en matière d'e-commerce alimentaire ", estime Gino Van Ossel. Pour l'expert en distribution à la Vlerick Business School, l'enseigne a clairement sous-estimé l'importance du commerce en ligne. Mais il en est convaincu : elle va devoir se lancer dans l'aventure. " C'est inévitable, dit-il. Même si ça prend du temps. En France, le groupe a racheté le pure player Rue du Commerce. Chez nous, il doit se demander s'il va offrir la livraison à domicile ou s'il va plutôt s'orienter vers un click&collect. Car la livraison à domicile coûte cher et elle ne permet pas d'attirer le client en magasin. " Or c'est bien l'objectif : allécher les clients avec des promos sur le non-alimentaire, en espérant leur faire visiter aussi la partie alimentaire et en particulier le frais sur lequel les marges sont encore intéressantes. Chez Carrefour, on insiste sur le fait que " la grande majorité des clients belges font encore leurs courses non alimentaires dans les magasins physiques ". " Aujourd'hui, ce sont les points de vente physiques qui enregistrent la plupart des ventes de petit et gros électro ", relève le porte-parole de la chaîne. Qui rappelle par ailleurs que " nous sommes surtout une enseigne alimentaire avec 440 Carrefour Market. " C'était bien la teneur du discours prononcé il y a quelques semaines par le big boss de Carrefour, George Plassat, qui a souligné que son groupe réalisait désormais 83 % de son chiffre d'affaires dans l'alimentaire. Si l'homme ne veut pas réduire la taille de ses hypers, il concède toutefois qu'il faudra libérer des espaces pour la restauration, des animations diverses et pourquoi pas des salles de sport. " Je pense qu'il faut engager dans notre société des metteurs en scène ", a-t-il expliqué. Objectif : séduire le client, lui faire vivre une expérience particulière. C'est tout le sens du nouveau concept développé par Carrefour chez nous dans ses nouveaux hypermarchés. Montrer les artisans au travail, organiser des ateliers, des dégustations, recréer une ambiance de marché couvert, etc. Au fond, pour résister aux géants de l'e-commerce, Carrefour, dans ses hypers, tente de se montrer en géant du commerce tout court.