Après l'échec de son offre de rachat sur bpost, PostNL doit puiser dans ses propres ressources pour créer de la valeur pour l'actionnaire. La forte pression sur le marché postal classique intérieur du groupe doit être compensée par une croissance du service des colis, une activité qui dépasse de plus en plus les frontières. Des alliances stratégiques entre les compagnies postales européennes s'imposent sans aucun doute, y compris une nouvelle offre sur PostNL. Dans quatre ans, le groupe voudrait tirer entre 310 et 380 millions d'euros de liquidités de l'activité opérationnelle, contre 245 millions d'euros cette année. C'est ambitieux, mais ce n'est pas impossible.
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Après l'échec de son offre de rachat sur bpost, PostNL doit puiser dans ses propres ressources pour créer de la valeur pour l'actionnaire. La forte pression sur le marché postal classique intérieur du groupe doit être compensée par une croissance du service des colis, une activité qui dépasse de plus en plus les frontières. Des alliances stratégiques entre les compagnies postales européennes s'imposent sans aucun doute, y compris une nouvelle offre sur PostNL. Dans quatre ans, le groupe voudrait tirer entre 310 et 380 millions d'euros de liquidités de l'activité opérationnelle, contre 245 millions d'euros cette année. C'est ambitieux, mais ce n'est pas impossible. L'an dernier, le bénéfice opérationnel sous-jacent a reculé de 9 % et au quatrième trimestre même de 12 %, en conséquence d'une marge érodée et d'un chiffre d'affaires (CA) en recul. Sur le marché postal domestique, le volume traité a reculé de 8 % et la rentabilité sous-jacente s'est érodée un peu plus nettement du fait des prix en baisse. De plus, l'organe de contrôle a contraint PostNL à ouvrir partiellement son réseau à la concurrence. Ce qui coûtera à l'entreprise 50 millions d'euros chaque année entre 2016 et 2019. Le marché postal classique représente 65 % du bénéfice opérationnel de PostNL. La direction doit donc travailler dur pour stabiliser cette activité. Pour contrer la baisse des volumes, PostNL accélère les réductions de coûts à concurrence de 115 millions d'euros entre 2017 et 2020. Les coûts de restructuration qui accompagnent ces mesures ont contraint le groupe à revoir en légère baisse ses prévisions pour 2017. Mais au cours des années suivantes, le marché postal classique devrait contribuer même légèrement aux ambitions annoncées pour 2020. Cela dit, l'avenir est aux colis. PostNL n'est plus une compagnie postale mais une entreprise d'e-commerce et de logistique. Au dernier trimestre de 2016, le volume de colis envoyés s'est accru de 13 %. Et au cours des années à venir, PostNL voit cette croissance s'accélérer. Le bénéfice opérationnel sous-jacent n'a pas pu suivre la hausse des volumes, notamment en raison des investissements que le groupe a consentis pour garantir la qualité de la livraison aux moments où le trafic est le plus intense. La livraison postale internationale a également été confrontée, au quatrième trimestre, à des hausses de coûts trop nombreuses pour permettre que les volumes accrus se traduisent en bénéfice. Entre 2017 et 2020, le bénéfice opérationnel sous-jacent du pôle Colis devrait pouvoir augmenter de 10 à 12 % par an. Comme ses fonds propres deviendront positifs dans le courant de cette année et que ses engagements élevés en matière de pension sont moins sensibles aux fluctuations de taux, PostNL peut à nouveau distribuer un dividende. Pour 2016, il en versera un premier de 12 cents par action. Les prochaines années, celui-ci pourra atteindre 30 à 40 cents. PostNL affirme qu'à l'horizon 2020, il parviendra à enregistrer de manière autonome une croissance de son bénéfice, grâce à l'essor de l'e-commerce. Les risques sont réels mais la valorisation demeure modérée, vu le rapport cours/bénéfice de 10 et une valeur d'entreprise de 5,5 fois le cash-flow opérationnel. Une offre de reprise reste possible. Digne d'achat.Conseil : digne d'achat Risque : moyen Rating : 1B Paru sur initiedelabourse.be le 27 avrilPostNL est désormais une société d'e-commerce et de logistique.