Dans Le Monde, le Mundaneum a été surnommé "le Google de papier". Ce bâtiment montois ouvert au public depuis 1998 dissimule effectivement une forme de mémoire planétaire. A savoir son Répertoire bibliographique universel, qui comprend 12 millions de fiches, incluant un espace réservé à la presse, essentiellement constitué de parutions de la fin du 19e siècle jusqu'à la veille de l...

Dans Le Monde, le Mundaneum a été surnommé "le Google de papier". Ce bâtiment montois ouvert au public depuis 1998 dissimule effectivement une forme de mémoire planétaire. A savoir son Répertoire bibliographique universel, qui comprend 12 millions de fiches, incluant un espace réservé à la presse, essentiellement constitué de parutions de la fin du 19e siècle jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Soit six kilomètres de documents incluant aussi des cartes postales, des photos, des affiches, etc., sorte de prémices de ce que la révolution web/internet sera à même de rassembler plus tard mais en virtuel. Le lieu bénéficie aussi d'une ambiance particulière. Ses pièces plongées dans une semi-pénombre dégagent une atmosphère respectueuse type bibliothèque savante, avec ses centaines de tiroirs dans de vastes meubles en bois. On peut les ouvrir et se plonger dans cet océan de connaissances. Fascinante découverte que l'on égrène à la main avec ce paradoxe: tout en explorant les ressources du temps, on en oublie le déroulé. Loin du déchaînement de clics actuels, cette visite de la pensée peut toutefois aussi se faire en ligne. D'autant qu'un gigantesque travail de numérisation est en cours. Le Mundaneum consacre aussi ses recherches à des expos temporaires, notamment Portraits de femmes. Des récits pour une Histoire, tenue jusqu'au 20 novembre. Il y est question de "femmes invisibilisées", anonymes ou en vue, combattantes, visionnaires, révoltées ou troublées, qui décidèrent un jour de prendre en main leur destin, leur émancipation, leur liberté. L'expo pioche dans les archives maison mais bénéficie notamment aussi du regard contemporain du projet féministe Les Grenades de la RTBF. Deux autres expositions temporaires et cousines ( Légitimes, Women We Share et Il y a 150 ans, Vive la commune) s'installeront dans le musée montois d'ici l'automne.