Les fans le savent déjà : la mort du claviériste des Stranglers, qui a succombé le 3 mai au coronavirus à l'âge de 71 ans, marque la fin d'une époque. Dave Greenfield, embauché par le groupe anglais en 1975, une année après sa création au sud-ouest de Londres, était l'un des deux membres restants de la formation origin...

Les fans le savent déjà : la mort du claviériste des Stranglers, qui a succombé le 3 mai au coronavirus à l'âge de 71 ans, marque la fin d'une époque. Dave Greenfield, embauché par le groupe anglais en 1975, une année après sa création au sud-ouest de Londres, était l'un des deux membres restants de la formation originale avec le bassiste Jean-Jacques Burnel. Mais il a aussi été l'instrumentiste ayant véritablement déterminé le son de ce quatuor assimilé au punk, même si les quatre, hormis Burnel, étaient nettement plus vieux que leurs contemporains des Pistols ou de Clash. Multi-claviériste, Greenfield avait gardé de sa précédente expérience musicale au sein d'un groupe progrock l'amour de l'orgue profond, des synthés et du piano Hohner. Hérésie apparente au vu des sonorités rêches alors en vigueur lorsque sortent, coup sur coup en avril et septembre 1977, les deux premiers albums des Stranglers. Plus de quatre décennies plus tard, Rattus Norvegicus et No More Heroes, restent des classiques absolus d'une esthétique sans doute plus proche des Doors que des Ramones. La finesse des claviers de Greenfield, leur appétit vorace, le flot voluptueux qu'ils dessinent sur des textes souvent agressifs, seront aussi à l'origine de quelques-uns des titres les plus fameux du groupe, et leur plus grand tube, numéro 2 en Grande-Bretagne tout début 1982 : Golden Brown. Celui-ci ci peut-être le point de départ de (re)découverte, aujourd'hui, d'une discographie riche de 18 albums qui, outre les deux opus majeurs de 1977 déjà cités, compte aussi les très recommandés Black And White et La folie.