Le Belge n'a toujours pas encaissé la crise financière de 2008. Le pouvoir d'achat moyen en 2018 est toujours inférieur à son niveau d'avant la crise. Et il faudra attendre 2020 pour qu'il le dépasse. C'est ce qui ressort d'une étude menée par l'Institut pour un développement durable (IDD). L'économiste Philippe Defeyt a examiné à la loupe les dernières estimations économiques...

Le Belge n'a toujours pas encaissé la crise financière de 2008. Le pouvoir d'achat moyen en 2018 est toujours inférieur à son niveau d'avant la crise. Et il faudra attendre 2020 pour qu'il le dépasse. C'est ce qui ressort d'une étude menée par l'Institut pour un développement durable (IDD). L'économiste Philippe Defeyt a examiné à la loupe les dernières estimations économiques du Bureau fédéral du Plan et a déterminé les nouvelles tendances concernant les revenus des Belges et leur pouvoir d'achat. Première constatation : entre 1995 et 2018, celui-ci n'a augmenté que de 5 %. Selon les prévisions du plan, en 2020 (soit en 25 ans), la hausse ne sera que de 8 %.Et de fortes disparités régionales sont, sans surprise, enregistrées : le revenu moyen disponible augmentera de 10 % en Flandre, de 5 % en Wallonie et de 1 % à Bruxelles. On en déduit donc qu'en 2018, le Bruxellois est un poil moins riche qu'en 1995... Comment expliquer cette faible hausse du pouvoir d'achat alors que depuis 1995, le salaire moyen brut a augmenté de 13 % ? C'est la deuxième constatation de l'étude de l'IDD : en 2020, les revenus de la propriété auront baissé de près de 30 %. Par ces revenus, l'IDD entend, hors loyers, les revenus du patrimoine : intérêts, dividendes, fonds de pension et contrats d'assurance. Selon Philippe Defeyt, il y a lieu de distinguer les revenus tirés des intérêts de ceux liés aux dividendes. Les premiers ont été divisés par cinq, les seconds ont bondi de 80 %. Sans que l'un ne compense l'autre... Enfin, l'IDD s'est aussi penché sur le pouvoir d'achat des plus démunis, soit ceux qui touchent le revenu d'intégration sociale (RIS). Et là, surprise, il a augmenté de 16 % depuis 1995. Cette hausse s'explique surtout par la liaison au bien-être, décidée tant par le gouvernement Di Rupo que celui de Charles Michel, qui a permis au RIS d'augmenter bien au-delà de l'indexation.