Ouvert en mai dernier dans une rue cossue de Louvain, à deux pas de la gare, Fragma est la nouvelle adresse à la mode dans la cité universitaire. Le rez-de-chaussée d'une belle maison de maître a été entièrement aménagé en un restaurant à la déco nordique élégante, mettant en valeur le grand bar derrière lequel on découvre le chef Kevin Gijsembergt mettre la dernière touche à ses assiettes. Mais aux beaux jours, c'est dans le superbe jardin étagé que tout le monde se donne rendez-vous.
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Ouvert en mai dernier dans une rue cossue de Louvain, à deux pas de la gare, Fragma est la nouvelle adresse à la mode dans la cité universitaire. Le rez-de-chaussée d'une belle maison de maître a été entièrement aménagé en un restaurant à la déco nordique élégante, mettant en valeur le grand bar derrière lequel on découvre le chef Kevin Gijsembergt mettre la dernière touche à ses assiettes. Mais aux beaux jours, c'est dans le superbe jardin étagé que tout le monde se donne rendez-vous. Décor chic, ambiance raffinée, service attentionné, carte des vins très soignée (oscillant entre la France, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche). Voilà une adresse qui affiche clairement ses ambitions. Même si on tique un peu en lisant sur la carte la description un peu pompeuse d'une " cuisine naturelle, de saison et intuitive " avec des " influences du terroir " comme autant d'" instantanés ". Le tout bien entendu " sans prétention " et pour la " modique " somme de 59 et 68 euros les menus uniques quatre et cinq services (+23 ou 30 euros pour la chouette sélection de vins, qui mise sur la découverte)... Dès les mises en bouche, jolies mais quelconques, on a compris la philosophie du lieu. Disons que si l'on mange seulement avec les yeux, c'est sublime ! Côté saveurs, on se désole par contre d'une cuisine très stéréotypée, calquée sur l'esthétique Instagram. Ainsi ce tartare de maigre, plutôt bien assaisonné avec une sauce coco-yaourt et une huile d'herbes. Mais pourquoi, en plus des fleurs de bourrache et de nasturtium dont l'association n'est déjà pas très harmonieuse, rajouter des framboises ? La photo est belle, certes, mais l'accord raté. Proposée avec un granité de fenouil, mange-tout et des graines de sarrasin, la ricotta de lait de chèvre est une belle assiette printanière. Par contre, la picanha de veau est un désastre. Si la viande est bonne et bien cuite, les accompagnements lorgnent vers la cantine scolaire, avec des courgettes vapeur insipides, une salade de chou blanc aux cacahuètes et un jus brun douteux. Le dessert - une compote d'abricot façon cheesecake et une mousse au caramel - relève un peu le niveau. Mais pas suffisamment pour accorder un quelconque crédit à cette cuisine sans âme ni personnalité, qui se contente de suivre les modes et de tout miser sur des présentations tape-à-l'oeil. Comme si, chez Fragma, tout avait été investi dans la déco, rien dans l'assiette...