Un appareil autonome

Mai 2019. Décollage dans trois secondes, deux, une... Le petit avion blanc s'arrache lentement du sol, comme un hélicoptère, à la verticale. Fixés sur les ailes, 36 petits moteurs électriques remplacent le rotor en chassant l'air vers la piste. Ses ailes tanguent légèrement, alors qu'au sol, l'équipe de la start-up Lilium explose de joie. Après s'être élevé de quelques mètres, l'appareil se pose à nouveau sur le tarmac de l'aéroport d'Oberpfaffenhofen, près de Munich. Test réussi. Ce dernier prototype de la société allemande n'est pas un petit avion comme les autres. Contrôlé pour l'instant à distance, ce " taxi des airs " devrait à terme pouvoir voler de manière totalement autonome.
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Mai 2019. Décollage dans trois secondes, deux, une... Le petit avion blanc s'arrache lentement du sol, comme un hélicoptère, à la verticale. Fixés sur les ailes, 36 petits moteurs électriques remplacent le rotor en chassant l'air vers la piste. Ses ailes tanguent légèrement, alors qu'au sol, l'équipe de la start-up Lilium explose de joie. Après s'être élevé de quelques mètres, l'appareil se pose à nouveau sur le tarmac de l'aéroport d'Oberpfaffenhofen, près de Munich. Test réussi. Ce dernier prototype de la société allemande n'est pas un petit avion comme les autres. Contrôlé pour l'instant à distance, ce " taxi des airs " devrait à terme pouvoir voler de manière totalement autonome. Avec son taxi volant, Lilium a l'ambition d'être une des solutions à l'engorgement des grandes cités. Cette start-up projette par exemple de transporter des passagers de Manhattan à l'aéroport JFK quatre fois plus rapidement qu'un taxi. Avec ses 300 km d'autonomie, l'appareil peut même relier un bon nombre de villes d'Europe. On sait que l'aviation est de plus en plus épinglée pour son impact sur l'environnement. En cause : ses dépenses en kérosène. En Suède, le flygskam, " la honte de prendre l'avion ", a réussi à faire baisser le nombre de passagers au profit du train. En France, des députés ont proposé d'interdire les liaisons aériennes que le train peut remplacer avec un temps de trajet similaire. L'avion électrique développé par Lilium pourrait-il jouer l'alternative ? " Notre jet ne serait pas capable de remplacer les avions traditionnels au-delà de 300 km ", répond un porte-parole de l'entreprise. D'autant qu'il ne peut transporter que cinq personnes... Mais d'autres appareils hybrides voire 100% électriques sont en cours de développement. A l'image d'Alice, un avion développé par la société israélienne Eviation, et présenté au salon du Bourget au mois de juin. Ses deux pilotes et ses neuf passagers peuvent ainsi parcourir 1.000 kilomètres. Selon son PDG, Omer Bar-Yohay, il pourrait entrer en service fin 2021-début 2022. Lilium n'est pas la seule entreprise à parier sur ce nouveau moyen de transport. D'autres start-up comme l'allemand Volocopter, le français Ascendance Flight Technologies, mais aussi le constructeur de voitures et de moteurs d'avion Rolls-Royce, la société Uber ou encore les géants Airbus et Boeing planchent sur des avions similaires. Preuve que ce marché est en pleine agitation, même sil n'est légalement pas encore possible de faire voler des appareils entièrement autonomes avec des passagers à leur bord. La start-up devra également convaincre ses premiers clients. Pour les rassurer, des pilotes professionnels seront dans un premier temps aux commandes de l'appareil. Il est prévu qu'ils cèdent ensuite leur place à l'ordinateur de bord quand la législation autorisera ce type de vol... Fondée en 2015, Lilium emploie aujourd'hui plus de 300 personnes à Munich, Londres, et Zurich. Ce prototype va maintenant accomplir plusieurs vols pour tester différentes manoeuvres, notamment sa capacité à faire basculer ses 36 moteurs pour passer du décollage vertical au vol horizontal sans accros. Une transition déjà testée sur de précédents prototypes. Objectif : obtenir les certifications nécessaires pour pouvoir voler avec des passagers à son bord. L'entreprise fabriquera et exploitera ensuite elle-même ces avions. Pour y parvenir, la start-up allemande a déjà rassemblé plus de 100 millions de dollars de fonds. Si son développement se poursuit sans turbulences, ses premiers taxis volants devraient décoller à l'horizon 2025.