L'annonce en a surpris plus d'un. Figure bien connue de ceux qui suivent de près la vie des banques en Belgique, Peter Vandekerckhove a en effet décidé de dire adieu à BNP Paribas Fortis et à ses fonctions de patron du retail de la première banque du pays pour rejoindre en tant que CEO le groupe KBL, basé à Luxembourg. A ce poste, notre compatriote remplacera, à partir du 1er janvier prochain, l...

L'annonce en a surpris plus d'un. Figure bien connue de ceux qui suivent de près la vie des banques en Belgique, Peter Vandekerckhove a en effet décidé de dire adieu à BNP Paribas Fortis et à ses fonctions de patron du retail de la première banque du pays pour rejoindre en tant que CEO le groupe KBL, basé à Luxembourg. A ce poste, notre compatriote remplacera, à partir du 1er janvier prochain, le Luxembourgeois Yves Stein, qui rejoindra quant à lui le conseil d'administration de Merck Finck, la filiale allemande de KBL. Spécialisé dans la banque haut de gamme, KBL est aujourd'hui présent dans une dizaine de pays en Europe au travers de différentes filiales, dont Puilaetco Dewaay en Belgique. Il emploie plus de 2.000 personnes et totalise une cinquantaine de milliards d'euros d'actifs en gestion. Ancien pôle de banque privée de KBC, le groupe est depuis 2012 la propriété de Precision Capital, bras financier des membres de la famille royale du Qatar, dont fait partie l'ancien Premier ministre, le cheik Hamad ben Djassim al Thani. Hasard du calendrier ou pas, le recrutement de Peter Vandekerckhove intervient un petit mois à peine après l'annonce du départ chez Puilaetco Dewaay de son actuel CEO Thierry Smets ainsi que la revente, par Precision Capital, de 90 % de la Banque Internationale à Luxembourg (la BIL) au groupe chinois Legend (propriétaire des ordinateurs Lenovo). En coulisse, d'aucuns voient dans ces récents mouvements les signes avant-coureurs d'un futur démantèlement du groupe. Puilaetco Dewaay serait ainsi mis à l'étal comme d'autres filiales. Info ou intox ? Il se dit que le groupe KBL n'existerait que sur papier. En fait, il n'y aurait jamais vraiment eu de synergies entre les différentes entités, en raison notamment du peu d'autonomie que leur laisse la direction de KBL et son actionnaire atypique. Un actionnaire qui découvrirait, dit-on, jour après jour, qu'on ne dirige pas un groupe de banques comme une société du Moyen-Orient. Sébastien Buron